De l’idée à l’expérience sociale de la nature : quand le mode de production dicte sa loi

Vendredi 23 janvier 2026, 18 h 00, Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse.

Conférence de M. Jean-Axel DE FREITES, agrégatif à l’INSPE de Toulouse Occitanie Pyrénées. L’émergence dans les années 2000 d’un marxisme écologique aux États-Unis (Foster, 2000) propose de repenser le lien entre crise écologique et capitalisme. Face à une sacralisation d’une nature épurée et anhistorique, la pensée de Marx survient ainsi comme un moyen d’explorer la nature comme une réalité sociale associée à une expérience humaine liée à la lutte des classes (Guilbert, 2023). Dès lors, la transformation sociale de la nature est intrinsèque à une histoire qui se déploie dans l’aliénation de la pratique sociale comme dans des révolutions de notre métabolisme social. Cependant, la révolution décisive du XIXᵉ siècle, véritable « péché originel » du capitalisme, marque le passage des modes de production féodales (Saito, 2016) à leur unification dans un système-monde capitaliste (Moore, 2015). Entre rupture et processus de réification, l’accumulation initiale se présente comme un changement profond de l’expérience de la nature pour les classes dominantes et dominées. Chasse à courre, sentier forestier, récolte de ramille, terres collectives, culte de la nature, sont alors balayés dans une exploitation de la force de travail : faire travailler la nature, c’est d’abord dicter sa loi. Ainsi, cette conférence aura pour ambition de montrer l’originalité de la pensée de Marx à l’aune d’une histoire de la philosophie de la nature, en dialogue avec le devenir du marxisme du XXe siècle (Löwy, 2025) et de l’actuelle crise écologique. Il s’agira de répondre à la question brûlante de notre actualité : sommes-nous condamnés à emprunter des chemins qui ne mènent nulle part ?