Les séances de communication de ce trimestre

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Cotisation 2018- 2019
: Elle est d'un montant de 25 euros par personne, 35 euros pour un couple, 12 euros pour les étudiants. Les chèques doivent être libellés à l'ordre de la Société Toulousaine de Philosophie.
Les versements supplémentaires de soutien seront les bienvenus.
La Société Toulousaine de Philosophie s'engage à vous remettre une attestation, de sorte que ces versements donnent droit à une réduction d'impôt selon la législation fiscale en vigueur.
Cette cotisation peut être transmise à Anne-Marie LIGER, 31, avenue de Larrieu-Thibaud, 31100 Toulouse.


ACTIVITÉS DU TROISIÈME TRIMESTRE 2018-2019
SÉANCES DE COMMUNICATION




Vendredi 19 avril 2019


17 h 00 – Séance de communication – Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle de réunion 2.

Communication de Marc CONTURIE, professeur certifié de philosophie.


L’existence face à Dieu, selon quatre auteurs modernes : Pascal,

Kant, Kierkegaard et Simone Weil 


La Modernité, en philosophie, se caractérise par une mise en doute radicale de certains principes médiévaux, particulièrement celui, cher à saint Thomas d’Aquin notamment, de l’union harmonieuse de la foi et de la raison. Corrélativement, c’est le rapport à Dieu lui-même qui change, chez les Modernes : autant la piété et la spéculation sur les mystères divins semblent inséparables au Moyen-âge, autant les Modernes semblent vouloir les séparer, voire les opposer l’une à l’autre, comme si le « Dieu des philosophes » n’était plus celui de la Révélation… De cette « crise » spirituelle naît une ligne de pensée singulière, consistant à diminuer radicalement les prétentions de la raison à parler des grands mystères avec pertinence, tout en survalorisant le rapport existentiel de l’individu à Dieu comme seule religiosité authentique. Quatre auteurs sont symptomatiques de cette nouvelle religiosité en philosophie : Blaise Pascal, Emmanuel Kant, Sören Kierkegaard et Simone Weil. L’exposé que nous proposons est le condensé d’un cours récemment donné à Dax pour l’ATPA (Antenne théologique des Pays de l’Adour), et tentera de faire voir, au-delà des différences irréductibles que présentent ces auteurs entre eux, certains traits profondément communs concernant le thème annoncé.

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Vendredi 17 mai 2019


17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle de réunion 2.

Communication de Bernard HUBERT, directeur des Cahiers Maritain.


Yves R. Simon (1903-1961), un philosophe franco-américain,

disciple, ami et « frère d’armes » de Jacques Maritain


Né à Cherbourg en 1903, Yves Simon intègre la khâgne du Lycée Louis-le-Grand à Paris. S’orientant vers la philosophie, Yves Simon s’inscrit en licence simultanément à la Sorbonne et à la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris où il suit les cours de Jacques Maritain qu’il rencontre pour la première fois en janvier 1922. Yves Simon sera « l’un des meilleurs et plus chers étudiants » de Jacques Maritain jusqu’à la soutenance de son doctorat, alors qu’il avait été un temps attiré par l’étude des premiers socialistes utopistes. Yves Simon participe aussi aux travaux de la Société de philosophie de la nature (1925-1932) fondée par J. Maritain, et ses premiers ouvrages universitaires, Introduction à l’ontologie du connaître et Critique de la connaissance morale sont publiés en 1934 chez Desclée De Brouwer dans la collection « Bibliothèque française de philosophie », dirigée par Jacques Maritain.

Après avoir enseigné à l’Institut catholique de Lille de 1930 à 1938, en assurant entre autre une série de cours sur Proudhon, Yves Simon émigre aux États-Unis avec sa femme et ses quatre enfants, pour enseigner la métaphysique thomiste à l’Université de Notre Dame (Indiana). Arrivé en 1938 aux États Unis, Yves René Simon demande, en 1946, la nationalité américaine. Ses relations épistolaires avec Jacques Maritain, déjà régulières depuis 1927, se poursuivent grâce à une correspondance amicale nourrie qui relate autant ses travaux d’enseignant-chercheur, que les difficultés rencontrées par sa famille avec leurs six enfants, dans leur nouvelle vie aux États-Unis. Cette correspondance publiée en 2 volumes, Tome 1 : Les années françaises (1927-1940), Tome 2 : Les années américaines (1941-1961) permet de suivre le développement de leur profonde amitié.

À partir de 1948, Jacques Maritain, revient aux États-Unis qu’il avait quittés le temps de l’ambassade au Vatican (1945-1948). Yves René Simon, qui enseigne depuis 1948 à l’université de Chicago au sein du « Committee of Social Thought », joue un rôle important pour l’acclimatation de J. Maritain aux mœurs universitaires américaines. Ensemble les deux philosophes développent de conserve leur œuvre de philosophie politique, et ils publient la même année, en 1951 aux Presses universitaires de Chicago : Man and the State pour Jacques Maritain et Philosophy of Democratic Government pour Yves Simon. Lorsque Yves Simon s’éteint en 1961, Jacques Maritain qui rentre en France reconnaît en Yves Simon son « frère d’armes » pendant ses années américaines.

Le philosophe Yves Simon, réunit de manière remarquable les traits du disciple ayant soutenu sa thèse de philosophie sous la direction de Jacques Maritain, les traits de l’ami « si profondément aimé » et du confident qui échange une importante correspondance pendant au moins 40 ans, et les traits du « frère d’armes » qui a coopéré avec J. Maritain à la construction d’une interprétation thomiste de la démocratie.

Ce triple constat donne à Yves Simon une place unique parmi les proches de Jacques Maritain, et à cet égard ses travaux contribuent à éclairer l’œuvre spécifique de Jacques Maritain. Car Yves Simon a produit une œuvre importante et originale de philosophie (métaphysique, philosophie des sciences, logique, éthique, philosophie politique) bien souvent complémentaire de celle de Jacques Maritain dans une fidélité à leur principes communs et une réelle autonomie dans leurs approches respectives.

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Vendredi 7 juin 2019



17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle de réunion 2.


Communication de Frédéric RIPOLL, photographe


Faire ou agir ? Est-ce que la photographie est un art ?

 

Dans une précédente conférence, j’avais essayé de montrer que si « la photographie est un art peu sûr 1», sa théorisation l’est encore moins.

« La magie de la photo, c'est que c'est l'objet qui fait tout le travail. Les photographes ne l'admettront jamais…. » 2. Face au questionnement ontologique posé par la photographie Baudrillard met les pieds dans le plat.

Dans ces conditions, comment peut-on parler de photographie « créative », qui est déjà une contradiction dans les termes ? Ou même affirmer, non sans une certaine audace, qu’elle est « plastique malgré tout » 3 ?

Pour tenter de savoir si la photographie est un art ou à quel genre d’expression elle appartient, il faut savoir surfer sur les concepts et slalomer entre des auteurs aussi différents que Paul Claudel, Salvador Dali, Michel Tournier, George-Bernard Shaw ou Wim Wenders en nous appuyant sur les paroles et les œuvres de photographes auteurs qui apportent chacun une pièce à cet épouvantable puzzle ontologique qu’est la photographie où le principe de causalité semble jouer avec notre intelligence. La critique contemporaine, coincée entre idéalisme et matérialisme, ne nous donne pas de réponse satisfaisante.

Aristote, philosophe de l’expérience, et particulièrement de l’expérience sensible, aurait été fasciné par ce que Baudrillard appelle très opportunément « la complexité métaphysique de l’appareil technique [photographique] » 4, mais si la photographie est un art, dans quelle catégorie l’aurait-il mise, dans le faire ou dans l’agir ?

Maritain n’a jamais pensé la photographie. On trouve pourtant dans ses écrits sur l’art et la poésie des réponses cohérentes qui viennent pallier une certaine faiblesse critique sur la photographie en tant qu’art.

1 Roland Barthes, La Chambre Claire.

2 Jean Baudrillard, Car l’illusion ne s’oppose pas à la réalité.

3 Jean-Claude Lemagny, L’ombre et le temps

4 Jean Baudrillard, idem.

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INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Lieu : Les séances de la Société Toulousaine de Philosophie se déroulent la plupart du temps à la MAISON DES ASSOCIATIONS, 3, place Guy Hersant, métro « Saint-Agne SNCF », arrêt bus « Gare Saint-Agne », grand parking gratuit, accès wifi (accès par la rue du Férétra)

Courrier : Il est à adresser au président de la Société Toulousaine de Philosophie : Monsieur Christian LOUBÈRE, 17, rue Frédeau, 31400 TOULOUSE.

Agapes : Notre société, selon sa coutume, invite, après la séance, le conférencier et son conjoint à un dîner amical dans un restaurant. Nous espérons que de nombreuses personnes se joignent à ce dîner.

Site : Nous avons le plaisir de vous rappeler l'adresse du site de la Société Toulousaine de Philosophie :

http://www.societetoulousainedephilosophie.fr L'ASPLF dispose d'un site, que nous vous invitons à consulter : http://www.asplf.org/index.html

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