Historique des séances de communication

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Rappel des séances :

Séances  de communication des 12 avril,  17 mai et 15 juin 2018.

Séances de communication des 26 janvier, 16 février et 2 mars 2018

Séances de communication des 29 septembre, 12 octobre et 3 novembre 2017

Séances de communication des 19 avril, 28 avril, 19 mai 2017.

Séances de communication des 27 janvier et 16 février 2017.

Séances de communication des 14 octobre et 18 novembre 2016

Séances des communication des 31 mars, 29 avril, 20 mai 2016

Séances de communication des 19 janvier, 16 février 2016

Séances de communication des et 24 novembre 2015

Séances de communication des 2 avril, 19 mai et 8 juin 2015.

Séances de communication des 20 janvier, 24 février 2015

Séances de communication des 7 octobre, , 24 novembre 2014

Séances de communication des 10 avril, 15 mai et 5 juin 2014


Séances de communication des 24 janvier, 20 février, 20 mars 2014

Séances de communication des 7 octobre, 9 octobre 2013

Séances de communication des 19 avril, 16 mai et  5 juin 2013

Séances
de communication des 20 février et 29 mars 2013

Séances
de communication des 12 octobre15 novembre 2012

Séances
de communication des 26 avril, 24 mai, 21 juin 2012

Séances de communication des 26 janvier, 9 février, 21 mars, 22 mars 2012

Séances de communication des 6 octobre, 24 novembre, 15 décembre 2011

Séances de communication des 12 avril, 17 mai, 14 juin 2011

Séances de communication des 18 janvier, 18 février et 22 mars 2011

Séances de communication des 15 octobre, 23 novembre et 14 décembre 2010

Séances de communication des 23 avril, 21 mai, 18 juin 2010

Séances de communication des 22 janvier, 12 février, et 17 mars 2010

Séances de communication des 16 octobre, 20 novembre et 4 décembre 2009

Séances de communication des 24 avril, 20 mai et 5 juin 2009

Séances de communication des 16 janvier, 27 février, 20 mars 2009

Séances de communication des 10 octobre, 21 novembre et 5 décembre 2008

Séances de communication des 5 avril, 15 mai, 7 juin 2008

Séances de communication des 12 janvier, 9 février, 15 mars 2008

Séances de communication des 13 octobre, 24 novembre et 8 décembre 2007.

Séances de communication des 21 avril, 12 mai, 2 juin 2007

Séances de communication des 13 janvier, 3 février, 17 mars 2007.

-Séances de communication des 14 octobre, 18 novembre. Colloque "Philosophie et politique" - vendredi 1er décembre 2006.

Séances de communication les 8 avril, 13 mai, 20 mai, 10 juin 2006

- janvier-mars 2006

- octobre-décembre2005___

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Ci-dessus : Monsieur l'Académicien E. Moutsopoulos prononce une conférence-hommage sur "Les contraintes esthétiques de l'éthique" à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de Monsieur le Professeur Jean-Marc Gabaude. A l'arrière-plan,  une projection d'un système des "catégories esthétiques" élaboré par le conférencier.

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Jeudi 12 avril 2018

Attention : bien retenir le lieu et l'horaire.

17 h 00 – Séance de communication – ESPE, 181, avenue de Muret, Toulouse, salle C31 (dans la cour, à droite). Tramway : arrêt « Av. de Muret - M. Cavaillé ». Possibilité de se garer gratuitement en voiture dans la cour, auprès de la salle.


Communication de Monsieur Bernard HUBERT, directeur des Cahiers Maritain

Jacques Maritain, lecteur d’Aristote,

aux prises avec certains critiques modernes de la philosophie aristotélicienne :

Octave Hamelin et Jacques Chevalier, mais aussi Franz Brentano


Dans les années 1920, Jacques Maritain publie ses premiers textes importants concernant Aristote et certains points de la doctrine aristotélicienne sur la causalité de Dieu à l’égard du monde, sur l’immortalité personnelle de l’âme, ou sur le statut de l’esclavage chez Aristote.

Dans la revue Les Lettres, Jacques Maritain prend part à une controverse animée avec notamment le philosophe bergsonien Jacques Chevalier, obligeant Jacques Maritain à préciser sa méthode d’une part en marquant ses distances à l’égard de certains commentateurs modernes comme Octave Hamelin (Le Système d’Aristote, Alcan, 1920) et Jacques Chevalier (La Notion du nécessaire chez Aristote, Alcan, 1915), mais d’autre part aussi, à l’inverse, en faisant droit aux travaux de Franz Brentano (Aristoteles Lehre vom Ursprung des menschlichen Geistes, Leipzig, 1911, Die Psychologie des Aristoteles, Mainz, 1867).

L’important appendice, « Gloses sur Aristote », publié par Jacques Maritain en 1930 dans La Philosophie bergsonienne, reprend et refond ses propres contributions à cette controverse mouvementée. À cette occasion, Maritain se doit de justifier sa propre interprétation d’Aristote dans un contexte où en France les commentaires de l’œuvre d’Aristote par Thomas d’Aquin sont souvent ignorés.

Les tenants et les aboutissants de ce débat concernant la causalité de Dieu à l’égard du monde et l’immortalité personnelle de l’âme, dont on dégagera les points les plus saillants, sont toujours instructifs pour affiner notre lecture critique d’un Grec dont l’œuvre nous est accessible via une longue tradition arabe et latine.
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Jeudi 17 mai 2018


18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 35.

Communication de Monsieur Frédéric RIPOLL, photographe

Le questionnement photographique

Le questionnement photographique n’a pas d’équivalent dans les activités humaines, qu’elles soient artistiques ou non. Personne ne s’interroge pour savoir ce qu’est l’écriture, la peinture, la musique ou en tout cas pas avec cette ampleur psycho-dramatique.

Deux questions hantent le petit monde de la photographie depuis sa naissance : Est-ce que la Photographie est un art ? Puis, plus récemment dans sa courte histoire : Qu’est-ce que la Photographie ? Mais les deux questions ont été posées dans le mauvais ordre et la première a contaminé la seconde. On ne peut en effet comprendre la photographie dite créative si on ne sait pas ce qu’elle est en soi. Or cette question déjà posée par Barthes dans la Chambre Claire n’a toujours pas trouvé de réponse, car la photographie est un piège ontologique redoutable. Pour l’avoir sous-estimé ou négligé, la pensée moderne a conduit la critique photographique dans une impasse. Cette impasse porte un nom : le dualisme cartésien.

Grâce à une expérience vécue de l’intérieur d’une caméra obscura géante et à l’œuvre de Jacques Maritain, en me tournant vers la scolastique médiévale j’ai trouvé des pistes de réflexion et peut-être des éléments de réponse qui permettront d’amorcer une écologie des images que Susan Sontag et Paul Virilio ont appelé de leurs vœux.

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Vendredi 15 juin 2018

17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.

Communication du Père GUY DE OLIVERA, anthropologue des religions.


Identité, horizon moral, interculturalité

Charles Taylor face aux défis (post) modernes de l’humain


Ce livre propose d’aborder la pensée de Charles Taylor par ce qu’il reconnaît être son centre de cohérence : « l’horizon moral de signification » était tout à fait judicieux.

D’entrée de jeu, il situe assez clairement Taylor dans le vaste horizon de la philosophie morale contemporaine. Le texte pose bien l’originalité de la conception taylorienne de l’ontologie ; ses idées d’incarnations, d’engagement et la relation incontournable du moi.

Sans complaisance, il montre le rôle central que joue cet horizon dans la philosophie morale taylorienne tout en exposant les zones d’ombre où Taylor est moins clair ou moins explicite dans sa pensée. En illustrant clairement le lien entre l’horizon moral et l’identité d’une part, et celui entre les horizons et le dialogue interculturel d’autre part, le livre enrichit les analyses existantes sur le sujet.

Il expose le dilemme taylorien entre contexte et universalisme. L’originalité de Taylor réside dans la manière dont il repose ce dilemme conservant en tension ces deux axes ; orienter sa vie en fonction du bien nous oblige à naviguer entre deux eaux.

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Vendredi 26 janvier 2018

16 h 30 – Assemblée générale de la Société toulousaine de philosophie. Tous les membres de notre Société sont invités à participer à cette Assemblée.

18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.


Communication de Mademoiselle Julie Navarro, étudiante en Master I à l'ESPE de Toulouse.

Les expériences de pensée

La pratique des expériences de pensée remonte aux origines de la philosophie occidentale. Déjà Platon, par le truchement de mythes symboliques aux résurgences plurielles, proposait des dialogues intégrant de telles expériences. Il en va de même pour le penseur pisan qu'était Galilée. De la sorte, on peut se demander quel rôle attribuer aux expériences de pensée ; quels mouvements de l'esprit sont-elles capables d'engendrer ?

Les expériences de pensée s'insèrent dans la réflexion théorique, a priori, de sorte que l'émerveillement se mue en étonnement. De fait, les investir s'apparente à déserter la geôle du monde matériel tel que nous le connaissons afin plonger au cœur du logos.

Néanmoins, prises dans la controverse, on peut alors s'interroger sur l'efficience de telles pratiques. Ne sont-elles pas de la pensée à l'état pur ? Sont-elles, en ce sens, utiles pour l'homme ?

L'investigation des expériences de pensée est l'occasion d'entreprendre un propos

marqué par le passage à la limite afin de percer le mystère d'un instrument aussi intriguant qu'équivoque...

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Vendredi 16 février 2018

18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Marc Conturie, professeur certifié de philosophie.

Introduction à l’esthétique de Maritain

L’esthétique de Maritain (1882-1973), comme son œuvre entière, est assez peu connue, peu enseignée, en-dehors des cercles qui entretiennent sa mémoire et s’efforcent d’en faire valoir l’actualité. On peut cependant relever quelques hommages insolites de la part d’auteurs beaucoup plus reconnus. C’est ainsi que l’on trouve, chez Hannah Arendt, un petit éloge du Creative Intuition in Art and Poetry de Maritain, qu’elle qualifie de « merveilleux livre », et dont elle relève avec raison la phrase suivante: « La beauté est le rayonnement de tous les transcendantaux réunis » (La Crise de la culture, III, note 20). L’esthétique de Maritain mérite en effet qu’on l’étudie : elle est instructive par les multiples sources dont elle tient sa substance, et qui remontent, comme toujours chez Maritain, à la Scolastique, voire à l’Antiquité ; mais elle comporte aussi certaines investigations originales dépassant – sans subversion – l’enseignement de ses maîtres, à propos de la psychologie de l’artiste (et de son « préconscient spirituel ») mais aussi de la « responsabilité de l’artiste », c’est-à-dire du sens moral de sa vocation. Bref, les trois aspects majeurs de la pensée esthétique de Maritain sont en effet : 1) le beau comme attribut ontologique, 2) la psychologie consciente et inconsciente de l’artiste et 3) la difficile relation qu’entretiennent, y compris dans la Modernité, art et moralité.

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Vendredi 2 Mars 2018

18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Jean-Louis Blaquier, docteur en philosophie, professeur certifié de philosophie.

Cet exposé fait suite à une soutenance de Thèse en 2007 à Montpellier 3 dont voici l’intitulé :

L’antiphilosophie de J. Lacan

(Lacan et la politique : pour une archive généalogique du Réel)

Synopsis : Vers une Géologie du savoir ? De la fiction scientifique et politique du Léviathan (Hobbes) vers le Léviathan du Capital (Marx Negri Gorz) L’antiphilosophie est un pivot subversif dans l’œuvre de Lacan : le statut de Jérusalem, ville-miroir, un reste européen d’Auschwitz ? En-deçà du Malaise dans la civilisation et au-delà des poncifs soupçonneux (narcose et grégarité) de la chose religieuse, ni Freud, ni Lacan n’annulent l’ordre révolutionnaire des trois Textes monumentaux qui subvertit un champ, ouvre une série de thèses, de dispositifs cliniques et critiques. Le champ lacanien s’oriente d’une double archive généalogique croisée qui met en conjonction plusieurs révolutions : philosophie et démocratie grecques, révolution monothéiste (Tora/Evangile/Coran). Sexe et Signifiant divisent l’Autre et le Sujet, tracent des fonctions posant l’hypothèse d’une équivalence structurale entre fait religieux et fait esthétique, entre écriture prophétique et écriture poétique. La révolution des droits de l’homme et du citoyen abrège en territorialisant ce dont participe le travail civilisateur, clinique et critique, d’une jouissance en mal de lettre.

Je prendrai un exemple dans l’histoire des grandes fictions politiques ayant des effets de Réel : Vers une Géologie du savoir ? De la fiction scientifique et politique du Léviathan (Hobbes) vers le Léviathan du Capital (Marx Negri Gorz).

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Vendredi 29 septembre 2017

17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur ERIC TRELUT, professeur certifié de philosophie.

La résurrection digitale à venir : entre automates et dieux

L’intelligence artificielle, les nanotechnologies, l'ingénierie génétique et les sciences cognitives vont permettre à l'homme de transcender les limites de
son corps.
Cela signifie-t-il un dépassement technoscientifique de l’être humain ? Faut-il prendre au sérieux les spéculations engendrées par les mouvements
transhumanistes qui cherchent à réaliser une intelligence non biologique ?
"Post-humain" veut-il dire "après-l'humain", c’est-à-dire plus humain du tout ?

L’immaîtrise peut-elle être le nouvel idéal régulateur de l’humain si elle implique l’annulation même de l’initiative humaine ?
Dans cette conférence, nous explorerons les enjeux épistémologiques de
l'amélioration de l'humain puis nous aurons à coeur de nous confronter avec les paradoxes du nouveau paradigme émergentiste.


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Jeudi 12 octobre 2017

18 h 00 Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Laurent Giovanini, professeur agrégé de philosophie au lycée Saint Sernin de Toulouse.

Réintégrer l'esprit dans le monde physique

Réintégrer l'esprit dans le monde physique, seule réalité accessiblle aux méthodes des sciences expérimentales, contre toutes nos tendances dualistes
qui voudraient voir en lui un phénomène faisant exception aux lois de la nature. Tel est, exprimé de façon très générale, le programme de naturalisation de
l'esprit. Behaviorisme philosophique, physicalisme et fonctionnalisme sont les trois grands courants de la philosophie de l'esprit contemporaine qu'il nous faudra
examiner.

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Vendredi 3 novembre 2017

En partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement public

17 h 30 Séance de communication - Maison des Associations, 3, place Guy Hersant, Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Arnaud Lalanne, docteur en philosophie, professeur de philosophie.

Le principe de raison suffisante, un principe fondamental de la philosophie leibnizienne

C’est à juste titre qu’on associe l’oeuvre de Leibniz à son « grand principe », le principe de raison suffisante. Son champ d’application concerne presque tous les
domaines de la philosophie leibnizienne : métaphysique au premier chef, avec sa dimension logique et théorique quand il est exprimé avec le principe de contradiction,
mais également physique ou pratique quand il s’agit d’analyser les vérités contingentes ou de fait.
Pourtant, la formulation de ce principe fondamental n’est pas allée de soi pour Leibniz. Notre propos sera d’en retracer la genèse et l’évolution à partir des antécédents qui lui ont servi de source d’inspiration et des concepts qui constituent l’originalité du principe de raison leibnizien.

Cette approche nous conduira ainsi à chercher à répondre à ces deux questions :
- D’où vient le principe de raison ?
- Et quelles directions spécifiques le philosophe de Hanovre lui donne-t-il  ? 

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Mercredi 19 avril 2017

1  17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.
Communication de
Monsieur Jad Hatem – Professeur de philosophie et de mystique comparée à l’Université Saint Joseph de Beyrouth

Schelling, Dieu et le mal

Si Dieu est bon d'où vient le mal, et dans ce cas est-il substantiel?

C'est la question dont on suivra le fil de Platon à Schelling. Le thème est traité différemment selon que Dieu apparaisse comme tout-puissant ou pas, comme créateur du monde ex nihilo ou pas. Plus il est puissant, moins de réalité substantielle on accorde au mal. Deux thèses alternent et s'opposent : le mal n'est rien et le mal a pour origine ou la matière ou la divinité elle-même, soit à titre de possibilisation, soit comme actualité. Les Recherches sur la liberté humaine de Schelling viennent couronner cette dialectique dans une synthèse supérieure qui tout à la fois perçoit dans la nature de Dieu l'origine du mal et conçoit une réalité du mal qui ne soit pas substantielle.

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Vendredi 28 avril 2017


17h 00 – Assemblée générale exceptionnelle de la société de philosophie afin d’élire un nouveau trésorier. Tous les membres de la société de philosophie sont conviés à participer à cette réunion.

18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.


Communication de Monsieur Anthony Lavardez, diplômé en Master 2 de philosophie, agrégatif, stagiaire à l’ESPE de Toulouse.



Raison et sanctification chez Maurice Blondel : un dynamisme

philosophique 



« La philosophie doit être la sainteté de la raison. On n’y est pas compétent parce qu’on est intelligent et méditatif. Il faut être homme, il faut être chrétien, il

faut être saint : c’est là l’expérience nécessaire. »

« Il faut que je sois le saint raisonnable, dans la vie commune, le type de l’union équilibrée de la pensée et de la foi. Qu’ai-je fait pour cela ? Rien et je suis au

milieu de la vie. »

Ces deux extraits des Carnets Intimes du philosophe Maurice Blondel nous laissent entrevoir une approche originale qui semblerait s’apparenter de prime abord à une

alliance de contraires...

En définissant la philosophie comme un chemin de sanctification pour la raison et le philosophe comme celui dont la raison est sainte, celui-ci établit un

rapport de correspondances inédit entre des champs souvent séparés ou hermétiques entre eux. Est-ce vraiment rigoureux au plan épistémologique,

apologétique, de la théologie naturalisée et de la philosophie théologique ?...

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Vendredi 19 mai 2016

17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Guillaume Biren, professeur agrégé, doctorant en philosophie.

Le concept de régime d'historicité : un nouvel outil pour penser l'histoire ?


L'historien François Hartog a développé le concept de régime d'historicité pour penser la pluralité des rapports au temps, en puisant dans un large éventail de sciences humaines, que se soit l'histoire, l'anthropologie ou la philosophie. Il présente en particulier ces « manières d'articuler présent, passé, et futur et de leur donner sens » dans son ouvrage Régimes d'historicité, Présentisme et expériences du temps, publié en 2007. Ce concept présente un intérêt philosophique de premier plan, face à la nécessité pressante de penser le devenir historique alors même que les outils traditionnels d'une certaine philosophie rationaliste de l'histoire nous apparaissent inopérants.

Nous présenterons ce concept en suivant sa genèse pluri-disciplinaire dans le travail d'Hartog, mettant en avant sa quadruple racine : Claude Lefort, Claude Lévi-Strauss, Marshall Sahlins et Reinhart Koselleck.

Ce faisant nous mettrons en évidence une limite de la lecture proposée par Hartog de ces quatre auteurs, qui néglige selon nous la dimension de conflictualité sociale sous-tendant les diverses temporalités.

À l'aune de cette analyse nous proposerons une refonte du concept de régime d'historicité, en insistant sur la complémentarité indissociable du social et de l'historique et évaluerons à partir de là l'hypothèse d'Hartog d'un basculement contemporain dans un nouveau régime d'historicité : le présentisme.

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Vendredi 27 janvier 2017


17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Olivier Torres, professeur agrégé de lettres en classes préparatoires au Lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens.

« La grande phrase humaine en voie toujours de création »

Saint-John Perse, Poésie et histoire

Au mois de juillet 1940, Alexis Léger quitte la France pour les États-Unis. Démis de ses fonctions officielles, l'ancien Secrétaire Général du Quai d'Orsay retrouve dans l'exil la figure du poète que les responsabilités politiques et diplomatiques avaient longtemps occultée. 
Mais l'œuvre qui naît de cette double expérience, la mort civique du haut fonctionnaire et la renaissance de l'écrivain marque un tournant dans la poétique de l'auteur. 
Comment la poésie peut-elle éclairer la connaissance de l'homme et de l'Histoire, prendre
le relais du divin et du discours philosophique, au moment même où la science jette sur le monde l'éclat aveuglant de l'atome? 
De la rédaction du poème Vents, durant l'été 1945, au discours Poésie prononcé en décembre 1960 à Stockholm, lorsqu'il reçoit le prix Nobel de littérature, Saint-John Perse développe une vision de l'Histoire qui se nourrit à la fois de philosophie et de mythologie, et qui prétend égaler la démarche scientifique dans son exploration du monde et de l'être. Mantique du verbe poétique qui convoque les mystères dionysiaques aussi bien que les sources assyriennes, et idéal vitaliste que le poète a nourri au fil de ses lectures philosophiques. 

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Jeudi 16 février 2017



17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Malika Benguela, professeur de lettres au Lycée Marie Curie, spécialiste de la littérature concentrationnaire.

La Shoah : le crime « ontologique »

« Holocauste, génocide, ethnocide, destruction des Juifs d'Europe, Shoah »… Autant de termes pour tenter de nommer l'événement le plus sidérant de l'ère moderne. Comment, en effet, dire l'indicible de l'extermination et exprimer l'ineffable déréliction d'un peuple abandonné de tous ? Comment transmettre la mémoire de plus de six millions de disparus sans l'aumône d'un dernier souffle ? Que nous disent la sémantique, la littérature et « l'Histoire avec sa grande hâche » sur ce crime contre l'humanité prise à sa naissance, sur l'annihilation de l'essence même de l'homme ? Ce sont ces questions, entre autres, qui guideront mon intervention, sachant que je vous convie à découvrir un humanisme qui côtoie l'inhumanité. Cependant, « un crime insondable appelle une méditation inépuisable », (Jankélévitch : L'Imprescriptible).

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Vendredi 14 octobre 2016



17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.


Communication de Monsieur Pierre BESSES, professeur honoraire à l'université de Toulouse 2 études anglo-saxonne.

La révolution transhumaniste selon Luc Ferry

Les nouveaux enjeux éthiques de la troisième révolution post-industrielle



Les progrès des techno-sciences échappent encore à toute régulation étatique. Dans sa version optimiste, le Web, cette infrastructure du monde, permet l'apparition d'une économie collaborative symbolisée par UBER. Selon Rifkin, ces progrès annoncent la fin d'un capitalisme de prédateurs au profit d'un monde post-moderne de gratuité et de soucis de l'autre.

Dans sa version pessimiste, nous nous dirigeons aussi vers un hyper-libéralisme vénal et dérégulateur. A la croisée des deux chemins possibles, Ferry réhabilite la régulation perdue dans les démocraties occidentales soumises à la servitude volontaire de la pensée unique.

Si en bioéthique cette révolution transhumaniste exige cette valeur contre toute dérive eugéniste, elle suppose aussi le dépassement d'un moi narcissique pour se construire une identité post-moderne également constitué d'une dimension altruiste de bienveillante et de justice. De là un transhumanisme hybride composé d'une éthique utilitariste et libertaire au sens camusien. Celle-ci navigue entre néo- libéralisme régulé et social- démocratie.

Dans son essence, cet idéal politique aurait aussi valeur de catégorie capable de transcender l'antinomie pessimiste/optimiste, pour penser la troisième révolution industrielle. Mais cette révolution se réduit à un idéal politique de régulation au sens grec de fixer les limites en matière d'écologie, d'économie et de finance. Dans les démocraties cet idéal s'exprime dans le débat entre bio-progressistes et bio- conservateurs sur les effets de la techno-médecine et de l'ubérisation. L. F. est assez critique pour apporter une première clé explicative de l'échec fatal de cette utopie post-moderne, simple idéologie du néo- capitalisme américain dans la Silicon Valley. Pour le procureur de la pensée 68, l'homme augmenté signifie la dépossession démocratique dont sont coupables les ennemis de Rousseau et de Tocqueville (pp. 200-201). Pour imposer des règles à la société civile, pour imposer des bornes à la logique de l'individualisme moderne, il faut un État fort capable d'être respecté par une sphère privée dont il est responsable (p. 200).

Le non- dit de cette sagesse hybride est d'occulter l'enjeu fondamental de ce transhumanisme américain maquillé par Rifkin en meilleur des mondes à venir : il est aussi un nihilisme : en effet pour les tenants de l'homme augmenté, défier les limites biologiques ne suffit pas. Ces sophistes rêvent d'une pure fonctionnalité, affranchie de toute singularité individuelle. Une civilisation qui a sacralisé l'homme des lumières et de 89 est maintenant en train de passer à sa liquidation.

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Vendredi 18 novembre 2016



17 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Jacques BARDOU, docteur en philosophie, formateur aux concours internes de philosophie.

érégulateur.A la croisée des deux chemins possibles ,Luc Ferry réhabilite l‘idéal de la


Boire à la source de notre soif de vérité


Comment se fait-il que nous ayons soif de vérité? Telle est la question à laquelle nous allons tâcher d’apporter un commencement de réponse, tâche du conférencier et tâche à laquelle il conviera chaque personne de son auditoire en espérant de chacune une participation par des questions, remarques, objections. Tant il est vrai que la recherche de vérité exige une entraide, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de la recherche particulière à laquelle nous nous consacrerons : chercher la vérité au sujet de l’attitude consistant à chercher la vérité. Cette réflexivité peut certes paraître vertigineuse et réservée à des acrobates futiles ou du moins aux amateurs d’escalade philosophique, mais elle provient d’une caractéristique commune à tous les êtres humains qui sont conscients d’exister, à savoir le fait d’être conscient d’exister et le fait que cette conscience ne s’ajoute pas à notre être mais, au contraire, le constitue de manière centrale. Autrement dit, « être » consiste surtout à être présent à soi-même. Après avoir soigneusement commencé de constater ce fait et son caractère paradoxal, nous ne serons pas trop surpris de commencer à dé-couvrir que notre soif de vérité est fondamentalement une soif de découvrir l’origine de cette soif, c’est à dire un désir de boire à la source de cette soif, et après avoir soigneusement commencé de constater ce fait et son caractère paradoxal, nous ne serons pas trop surpris de commencer à dé-couvrir que notre soif de vérité est fondamentalement une soif de découvrir l’origine de cette soif, c’est à dire un désir de boire à la source de cette soif, et nous éprouverons du même coup la joie de commencer de boire à cette source.

Mais la découverte de cette source et la possibilité de s’y désaltérer ne peuvent pas avoir lieu sans que soit prise une décision qui a de quoi faire peur à prendre et dont la perspective est donc propre à alimenter notre tendance à sophistiquer. Quelle décision ? La décision d’assumer notre soif spontanée de vérité, c’est à dire la décision de nous conformer à la finalité naturelle de cette soif, finalité qui est d’abord de donner lieu à cette décision.

Pour mener ce combat spirituel contre soi-même, dans le but aussi d’être en empathie fraternelle avec les diverses personnes croisées sur notre route, nous trouverons de l’aide sous la plume d’auteurs notoires dénonçant ou soutenant tel ou tel sophisme par lequel nous sommes tentés, tel ou tel risque d’erreur au sujet de la recherche de la vérité, mais nous tâcherons de ne pas nous référer explicitement à eux durant la conférence strictement dite, cela afin que sa claire compréhension ne soit pas réservée à des professionnels de l’histoire de la philosophie ou de la théologie. Les références précises à des passages d’ouvrages seront données en bibliographie distribuée aux personnes de l’auditoire en même temps qu’un plan de la conférence et quelques citations.


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Jeudi 31 mars 2016


16 h 30 – [Bien retenir cet horaire] Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse. Module salle polyvalente.

Communications de M. Jad HATEM, professeur à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth

Jad Hatem, professeur de philosophie et de mystique comparée à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, a publié de nombreux ouvrages sur Schelling, le problème du mal et la théorie de la création poétique. Ses intérêts portent également sur l'interaction de la littérature, de la théologie et des sciences de l'esprit.



Le thème de l’amour pur en mystique comparée



Dans la grande matière de l’amour pur que l’on trouve presque également partagée entre les grandes religions et les littératures, il y a des degrés à distinguer : du simple amour désintéressé à la forme hyperbolique qui peut aller jusqu’à la perversion. En partant du système de Fénelon, j’envisage d’examiner les diverses figures de l’amour pur en les rapportant soit à une métaphysique de la création et du mal, soit à une logique de l’identification, mais dans les deux cas, de manière à mettre en évidence la structure inédite d’intersubjectivité impliquée par cette posture extrême. 



et de M. Gwénolé LE MEST, professeur au Lycée Marie Curie de Tarbes.


Interroger la vérité avec Jad Hatem

et à partir de son ouvrage Qui est la vérité ?


Cette communication invitera à lire l’ouvrage de Jad Hatem en posant la question de savoir si, concernant toutes les interrogations au sujet de la vérité, la question « Qui est la vérité ? »  est une question parmi d’autres et une question comme les autres. Le titre de l’œuvre de Jad Hatem surprend par l’originalité de son interrogation. Elle n’est pas la seule et notre auteur l’indique bien. Le dénombrement exhaustif des questionnements au sujet de la vérité aurait décentré l’auteur de la question essentielle soulevée par l’ouvrage, notons toutefois qu’il en énumère un certain nombre : interrogation relative à l’existence de la vérité, à son essence, aux procédures mises en œuvre pour l’atteindre (comment ?), à son site (où est la vérité ?). L’ouvrage de Jad Hatem paraît s'inscrire comme un moment dans une réflexion globale autour de l’idée de vérité, réflexion pluridimensionnelle et singulière puisque nourrie de la culture à la fois philosophique, littéraire, théologique, mystique donc universaliste de l’auteur.

Le titre de l’œuvre est une interpellation, en tant que mise en forme interrogative d’une parole dont Hatem enseigne la réitération spectaculaire. Jad Hatem fournit la preuve que la question « Qui est la vérité ? » méritait d’être explorée dans le repli de ses profondeurs à partir d’une histoire qui intègre Jésus, ibn Mansûr Hallâj et Çankara.

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Vendredi 29 avril 2016



18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.


Communication de Monsieur Philippe BOULANGER, professeur de philosophie au Lycée Michelet de Lannemezan (65).


Figures de la sagesse dans la Bible hébraïque


La sagesse dans la Bible semble bien loin des définitions telles que l’exprime notre tradition philosophique : apparemment plus empreinte de résignation que de désir de connaissance, plus soucieuse de la tranquillité du monde que d’un questionnement sur ses fondations.

Cependant, comme pour toutes les sagesses, et particulièrement celles de Mésopotamie et de l’Égypte dont elle partage les préoccupations, elle tend à l’universel. Traversée par les inquiétudes sur la finitude des choses, sur le sens du bien et du mal, sur l’iniquité qui fait du juste un réprouvé et de l’homme sans scrupule un être comblé de richesses, la sagesse biblique tente, devant tant de contradictions et de mystères, de trouver un chemin qui puisse conduire l’homme au discernement.

Cet universalisme a toujours semblé suspect aux lecteurs en quête de théologie. Les thèmes fondamentaux du texte Biblique y sont presque absents. Dieu ne parle pas ou parle peu. La création paraît fragile et l’homme n’est pas sûr d’y trouver sa place. Le châtiment ou la rétribution semblent bien arbitraires…

Nous avons choisi trois figures bibliques pour cerner le sens de cette sagesse : Salomon, Job et Qohélet. Salomon, le roi improbable à la réputation d’intelligence et de lucidité si grande que l’homme faible et inconstant, disparaît derrière son héritage. Job, l’innocent révolté qui proteste inlassablement devant l’injustice de la souffrance. Et Qohélet, qui face à l’absurdité du monde, nous invite à jouir pleinement de la vie.

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Vendredi 20 mai 2016



18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.


Communication de Mademoiselle Catherine LION, titulaire d'un Master II de philosophie, agrégative.


Sur la notion de kairos


Aristote définissait le kairos comme « le bien dans le temps » ou encore le « temps affranchi de la nécessité ». Il apparaît donc comme une dimension qualitative du temps, s’inscrivant cependant dans le temps de la montre, celui du chronos. Le kairos est par essence l’espace-temps d’une occasion, le moment des possibles pour une conscience libre, voulant insérer son projet dans un tissu de circonstances serré. Il apparaît donc comme un processus dialectique pour l’action, où la conscience, tout en conjuguant avec les circonstances déterminées d’une situation, va créer son avènement et parvenir à insérer son projet comme événement. C’est aussi en ce sens que le kairos est un moment critique : pour la conscience, il est le moment du discernement, et pour l’action, celui de l’équilibre : comment incliner les circonstances en notre faveur et comment agir avec justesse dans une situation dont nous ne maîtrisons pas toutes les données ? La notion de kairos nous enjoint à un exercice : celui d’une forme de clairvoyance que la conscience doit opérer pour inscrire sa liberté dans le réel.
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Mardi 19 janvier 2016

16 h 30 : Assemblée générale de la Société toulousaine de philosophie


En partenariat avec l'Association des Professeurs
de Philosophie de l'Enseignement public


18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.
Communication de Monsieur Michel NODÉ-LANGLOIS, Professeur de classes préparatoires (honoraire).

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Nature, hasard, création

autour d'une réflexion sur le livre de Ian Stewart

Dieu joue-t-il aux dés ?


Les Stoïciens et les Épicuriens ont pensé – avec des visées opposées – que le hasard pouvait constituer une objection à la providence divine. Et les seconds, comme à leur suite les darwiniens, y ont vu un substitut possible de la causalité créatrice. Ce serait le cas si le hasard pouvait être considéré comme premier, ce qui est impossible, et si d’autre part il devait être jugé, du fait de sa contingence irrationnelle, étranger à toute intelligibilité. Or les mathématiques ont précisément établi le contraire, depuis qu’elles ont inventé le calcul des probabilités et, plus récemment, lorsqu’elles ont élaboré une théorie du « chaos », qui montre comment la nature combine subtilement le régulier et l’aléatoire. La science contemporaine fait plus que jamais apparaître comment le hasard s’intègre à l’ordre intelligible de l’univers naturel, et, loin d’en compromettre l’intelligibilité, peut y jouer un rôle, comme Thomas d’Aquin l’avait reconnu.


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Mardi 16 février 2016


18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.

Communication de Monsieur Norman AJARI, docteur en philosophie.

Philosophie du Sud global et géopolitique de la connaissance

 

Dans Qu’est-ce que la philosophie, Deleuze et Guattari avaient insisté sur le fait que l’acte de penser « se fait […] dans le rapport du territoire et de la terre », c’est-à-dire dans une intime connexion à l’histoire et à la géographie. Mais ces auteurs limitent leurs propos aux philosophies allemande, française, anglaise. Or, au-delà des frontières de l’Europe, le problème se fait plus épineux. Le caractère philosophique même de l’acte de penser, c’est-à-dire plus justement sa valeur, se trouve souvent mis en question. Que sait-on de la vivacité des philosophies africaines ou sud-américaines ? Ce problème de la légitimité de lieux aujourd’hui encore tenus pour « périphériques » a été au centre de recherches menées en Amérique latine depuis une quinzaine d’années, sous le terme de « géopolitique de la connaissance ». Il s’agira ici d’en dégager les conséquences pour une approche de la philosophie se faisant et se vivant au contact de la majeure partie du monde qui, dans les années 1960/1970 s’était donnée le nom de tiers-monde et, aujourd’hui, se redonne un monde, une consistance et une cohérence avec la notion de Sud global.

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Mercredi 14 octobre 2015



En partenariat avec l'Association des Professeurs

de Philosophie de l'Enseignement public et l'ESPE Toulouse Midi-Pyrénées



16 h 00 [Bien retenir cet horaire] – Séance de communication - UT2J-ESPE, 181, avenue de Muret, Toulouse, amphi Montaigne.


Communication de Monsieur Robert DAMIEN, Professeur émérite, Paris X – Nanterre.


L'exercice de l'autorité, risques et périls



Comment s’exerce l’autorité ? Nous osons poser des questions incorrectes, philosophiquement dangereuses, politiquement inquiétantes. Pourquoi obéir et à qui ? De quel droit et au nom de quoi, quelqu’un peut-il commander à un autre et l’obliger à accomplir ce qu’il ne veut pas nécessairement accomplir de son plein gré ? Nous souhaitons affronter le problème de l’autorité par le biais plus radical d’une interrogation iconoclaste et mortifiante à la fois : pourquoi y a-t-il des chefs ? 
La philosophie, au travers de plusieurs matrices de croissance, de confiance, de croyance, en a conçu la raison politique, analysé l’effectivité, critiqué les fâcheuses déviations, pour fonder l’augmentation légitime des êtres humains et féconder leur puissance commune pour atteindre le meilleur. Mais elle a aussi, à l’inverse, participé à la pathologie du chef adulé et divinisé d’une déraison politique. Elle a elle-même été coupable d’une fascination dégradante, entretenant la flamme qui la brûlera. Malheur au peuple qui a besoin... de chefs. Reste à savoir s’il peut s’en passer et lesquels il lui faut, comment les former, comment les remplacer et les contrôler démocratiquement?


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Mardi 24 novembre 2015



18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, salle 19.


Communication de M. Christian BADINGA-MOUITHYT, docteur en Philosophie. 

La philosophie ricoeurienne de l'ipséité. 

Contribution à un personnalisme contemporain




Lieu de controverses vives et ouvertes qui alimentent les débats éthiques et politiques contemporains, l’idée de personne nous est à la fois familière et complexe, tant sa signification demeure confuse et évanescente. Dans ce contexte, il convient de lui redonner le statut d’un concept philosophique, si l’on ne veut pas de voir l’affirmation de la valeur transcendantale de l’humain devenir purement artificiel.
La problématique de la personne est en effet une question fondamentalement philosophique, dans la mesure où elle « reconduit à une interrogation sur nous-mêmes comme celui qui déploie une compréhension de l’être ». Dans cette perspective, la philosophie ricoeurienne de l’ipséité est une contribution remarquable au personnalisme contemporain, sur la base de laquelle tout être humain peut être dit « personne humaine » et mérite le respect et la dignité dus à ce statut. Car, c’est en raison même de sa « qualité humaine » que « l’Homme capable » est digne d’estime et de respect.



Jeudi 2 avril 2015


18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse

Communication de Monsieur Laurent LAMY, titulaire d'un Master I de philosophie.

Hegel, une philosophie pédagogique

La philosophie de Hegel, dans son fondement et sa systématisation, nous livre une essence pédagogique, en ce que l'on y trouve une cohérence et une continuité directe entre cette essence et la forme même d'un commencement de la philosophie. Commencement de la philosophie qui non seulement retrace le parcours du sujet à travers le savoir philosophique dans son caractère organique, mais qui en tant que principe vient servir de modèle d'articulation à l'économie de l'œuvre de Hegel,qui n'échappe pas elle aussi à ce même caractère organique. À partir de cela, nous verrons qu'il n'y a pas de point privilégié d'entrée en philosophie pour Hegel, mais il n'y en a pas non plus dans son œuvre elle-même, comme on le croit habituellement en qualifiant La Phénoménologie de l'Esprit (1807) d'introduction au système, puisque que, comme nous le verrons, elle présuppose déjà ce qui pourtant la suit, dans la totalité systématique et organique de la philosophie entendue comme science. Par conséquent,le présupposé pédagogique qui se dégage d'une telle entreprise est que l'on ne commence pas à philosopher à partir de rien ; tout ce qui apparaît comme extérieur à la philosophie ou la précéderait est déjà constitutif d'un savoir philosophique en tant que tel. Pour conclure notre exposé, nous verrons comment cette essence pédagogique revêt des enjeux sociaux et politiques, attachés à une activité théorique et pratique de l'individu au sein de la culture, en plein essor de rationalisation.

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Mardi 19 mai 2015



18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse

Communication de Melle Rebecca JOFFE, étudiante en Master I Philosophie.

 

Fonctions et pouvoirs de la fiction,

à partir de la pensée de Nelson Goodman


La philosophie tend traditionnellement à réaliser une distinction, voire une opposition entre la fiction et la réalité. Elles constituent deux choses de nature différente, qui tisseraient des rapports divers et ambivalents. En fait, sous couvert de la question de la fiction, se pose la question du rapport de l'art à la réalité. Si on a tendance à imaginer une opposition radicale, voire une sorte de négation dans le lien entre art et réalité, c'est peut-être parce que cette relation dérange, qu'elle suscite des questionnements troublants. Reposer cette question en terme de fiction permet de voir clairement l'ambivalence du lien entre art et réalité. En effet, viennent immédiatement à l'esprit les accusations d'irréalité ou de facticité avancées contre les personnages de fiction. Ce sont des créature sans visage, qui peuplent l'imagination et sont dépourvues de matière tangible, de réalité. Cette vision de l'art et de la fiction semble en vérité issue d'une conception platonicienne de l'art, qui verrait dans les productions artistiques des réalités virtuelles, sans fondement, qui s'opposent à la réalité vraie, et qui même, éloignerait de la réalité et du Bien.

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Lundi 8 juin 2015



18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse


Communication de Monsieur Lukas HELD, Doctorant contractuel, ERRAPHIS, UT2J



Metapher, Wirklichkeit, Geist. La contribution

blumenbergienne à l’Histoire des Idées.


La réanimation de l’Histoire des Idées dans l’Allemagne de l’après-guerre n’a pas abouti à une définition stricte et précise de sa méthode ou de ses intentions. Loin d’être les différentes appellations d’une même chose, les noms de Begriffs-, Problem-, Ideen- et Geistesgeschichte marquent chacun différents procédés et identités théoriques tout en se délimitant des autres. Hors de ce climat de renouveau, parmi ces tentatives d’affirmation de différentes traditions de pensée émerge la métaphorologie que le philosophe Hans Blumenberg (1920-1996) – son créateur et seul pratiquant – conçoit d’abord comme une annexe à l’histoire des concepts, avant de formuler les bases théoriques d’une « théorie de l’inconceptualité » et d’en élargir considérablement le champ d’application. Sous-estimés notoires de l’écriture théorique, antérieurs aux concepts et dépassant largement leur contenu clairement délimité, les métaphores sont à la fois les fossiles dont peut se servir l’archéologue soucieux de retracer l’évolution de la pensée philosophique, et ces éléments qui de par leur potentiel difficilement maîtrisable continuent à travailler et à troubler les discours philosophiques et la compréhension que nous en avons. La métaphorologie de Blumenberg sert d’éprouvette pour son entreprise d’une phénoménologie de l’histoire qui fonctionne à la fois comme conservation et comme préparation des phénomènes historiques. Notre intervention élucidera le statut et le potentiel cette théorie de la métaphore dans le complexe « Histoire des Idées » en discutant les différences entre concept et métaphore ainsi que le statut de l’image dans l’écriture philosophique, pour terminer sur la conception d’une phénoménologie des idées.

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Mardi 20 janvier 2015

18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse


En partenariat avec la Régionale de l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public

Communication de Monsieur Jacques Bidet, philosophe, professeur émérite à l’Université Paris-X, directeur honoraire de la revue Actuel Marx.

Théorie et philosophie dans Le Capital

Il peut sembler paradoxal que le Marx du Capital figure, cette année à côté de Platon, au programme de l’agrégation de philosophie. S’il y a sa place, c’est parce qu’il inaugure non pas une philosophie nouvelle, mais une nouvelle façon de philosopher. Dans son œuvre majeure, il analyse l’économie de la société moderne dans ses présupposés juridiques, sociologiques, culturels et politiques. Il engage ainsi un programme inédit : la « théorie », une théorie d’ensemble du monde où nous vivons, comprise comme le point de rencontre entre les divers savoirs sociaux, sous l’aiguillon d’un travail philosophique. Il recherche les conditions théoriques d’une pratique commune d’émancipation. Mais sa critique ne vaut que ce que vaut cette théorie. Qu’en est-il donc de cette théorie ?

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Mardi 24 février 2015


18 h 00 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse
Communication de Monsieur Michel Ferrandi, agrégé de philosophie, professeur de classes préparatoires aux grandes écoles au Lycée Dumont d'Urville de Toulon.

Le bien commun chez Jacques Maritain

Comment comprendre que l'homme fasse partie de la société et en même temps la dépasse. La philosophie politique serait-elle un défi au principe métaphysique selon lequel le tout est plus grand que la partie ?

Jacques Maritain a entendu fonder toute sa pensée politique à la fois sur la dimension communautaire de la société et sur la personne humaine. Le bien commun, qui est l'objet même de la vie en société, est le bien de personnes humaines. Il se dissout, soit dans le libéralisme, soit dans le totalitarisme qu'ont manifesté les idéologies du XXème siècle.

À l'heure où la politique doit affronter des défis majeurs, il est bon de revisiter certaines des grandes thèses de Maritain qui ont marqué durablement la pensée politique.

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Mardi 7 octobre 2014

En partenariat avec La Novela (20 h, Museum d'Histoire naturelle, 35, allée Jules Guesde, Toulouse). 

Frédéric Worms

Spécialiste de Bergson, Frédéric Worms est Professeur de philosophie française contemporaine à l'Ens, il y dirige le Centre international d'étude de la Philosophie française contemporaine, il l'étudie à la fois dans son histoire (La Philosophie du XXème siècle en France. Moments, Gallimard 2009) et dans ses problèmes actuels. Il a notamment signé Bergson ou les deux sens de la vie (PUF, 2004), Le Moment du soin. À quoi tenons-nous ? (PUF, 2010). Derniers ouvrages parus : Revivre. Éprouver nos blessures et nos ressources (Flammarion, 2012) et Soin et Politique (PUF, 2012).  La vie qui unit et qui sépare, Payot, « Manuels », 2013. Un recueil d'études sur la vie et les relations entre les vivants est paru en 2013 à Berlin : Uber Leben, Merve Verlag, 2013.

Le moment du vivant : science, philosophie, politique


Le problème du vivant n’est plus aujourd’hui un problème "local", il traverse et bouscule tous les domaines de la connaissance et de l’action, depuis les fondements de l’esprit (dans le cerveau) jusqu’à la préservation de la vie (dans l’univers), en passant par le rapport de l’homme et de l’animal, le soin et le pouvoir entre les vivants, l’expression de la vie qui fait retour dans la littérature et dans l’art. Mais c’est comme problème que le vivant entre dans ces domaines, c’est à travers la diversité si frappante des approches nouvelles qu’il suscite, que se constitue le moment philosophique (mais aussi scientifique et historique) présent, comme moment du vivant. C’est à ce titre aussi qu’il suppose à la fois une rupture et une reprise avec les précédents moments philosophiques, et pas seulement en France. La conférence se propose non seulement de donner une première carte de ce moment, mais de tenter de le parcourir et de le penser, en acte, et notamment du point de vue des relations vitales et morales entre les hommes.

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    Nous vous informons de la présence de M. l'Académicien Evanghelos Moutsopoulos, à l'Hôtel d'Assézat (salle Clémence Isaure) le jeudi 9 octobre à 18 h. 

L'homme et l'espace : dynamique et destin

Conscience et espace définissent une dialectique dont les deux termes sont l'extension et la contraction de la conscience. Respectivement, ils déterminent son affirmation ou sa purification face à l'espace consumé ou néantisé.

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Lundi 24 novembre 2014


Lieu : Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse, 18 h.


Gérard Jorland
Gérard Jorland, philosophe et historien des sciences, est directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherches émérite au CNRS. Spécialisé dans l’histoire des problèmes scientifiques de longue durée, il a publié un livre sur Alexandre Koyré centré sur l’histoire du problème de la chute des corps sur une terre en mouvement où il a proposé un modèle des révolutions scientifiques. Il a publié un second livre sur les paradoxes du capital où il étudie le problème de la transformation des valeurs en prix de production pour répondre à la double question : pourquoi l’économie mathématique n’est-elle pas prédictive ? Et donc à quoi servent les mathématiques en économie ? Enfin, il vient de publier un livre sur l’hygiène publique au XIXe siècle dans lequel il veut montrer comment les sciences constituent un facteur décisif de l’histoire contemporaine, non tant intellectuel que pratique, par les techniques qu’elles induisent. Il prépare actuellement une histoire de la vision du VIIIe au XXe siècle où il articule peinture et optique mathématique et anatomo-physiologique.
Prolégomènes à une ontologie


Argument. Il s'agit de montrer pourquoi et comment il convient de substituer une ontologie du regard à l'ontologie du langage qui a eu cours au XXe siècle, aussi bien en phénoménologie, y compris chez Merleau-Ponty, qu'en philosophie analytique, notamment chez Quine.

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Jeudi 10 avril 2014


17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse.

Communication de Monsieur Kévin BUTON, Agrégé de l'Université.


Penser le temps dans la stratégie avec Bergson ?


Le philosophe Henri Bergson (1859-1941) est particulièrement connu pour avoir, dès son premier ouvrage intitulé Essai sur les donnée immédiates de la conscience (1889), opposé le temps de la science, temps symbolique et artificiel, avec la durée vraie, c'est-à-dire « la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre ». D’un côté, un temps pensé sur le modèle de l’espace, homogène et discontinu ; de l’autre, une succession continue d’éléments hétérogènes. Dans ses œuvres successives, notamment La pensée et le mouvant (1932), Bergson précisera encore le rôle qu’il assigne à la métaphysique et à la science : « Nous assignons à la métaphysique un objet limité, principalement l’esprit, et une méthode spéciale, avant tout l’intuition. » Parallèlement, la science aura pour objet la matière, dont elle aura une connaissance intellectuelle.

Cette bipartition se retrouve de manière analogue dans la stratégie. Un débat qui occupe la stratégie touche à son statut épistémologique : est-elle une science ou un art ? En tant que science, on doit pouvoir en dégager des lois, des régularités, elle doit pouvoir se plier à la mesure et à la prévision. Idéalement, un stratège qui possèderait tous les éléments du champ de bataille pourrait en déduire la conduite à suivre pour remporter la victoire. Le temps serait ainsi une variable parmi d’autres (le terrain, l’ennemi…)

Toutefois, si la stratégie est un art, alors elle est une réalité humaine qui échappe essentiellement à la mesure. Chaque bataille serait marquée par la personnalité du stratège, et par la rencontre unique et originale de certaines circonstances et conditions qui ne se reproduiront jamais. Dès lors, le temps n’est plus une variable parmi d’autres, mais la substance même de la guerre. Nous retrouvons alors une conception de la durée analogue à celle de Bergson : une réalité humaine essentiellement imprévisible et irréversible.

Cette fécondité de la durée bergsonienne pour la stratégie a été aperçue par différents penseurs militaires français. Nous nous demanderons, à travers une série d’exemples tirés de l’histoire militaire, dans quelle mesure la stratégie peut prendre en compte la durée comme une réalité à part entière lorsqu’elle cherche à emporter la décision. Qu’apporterait une stratégie « bergsonienne » à la compréhension des guerres contemporaines ?

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Fr

Jeudi 15 mai 2014



17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch ou 3, place Guy Hersant (même lieu), Toulouse.

Communication de Monsieur Gwénolé Le Mest, professeur de philosophie au lycée Marie Curie de Tarbes.



DE SÉNÈQUE À PASCAL EN PASSANT PAR DESCARTES :

PUISSANCE CONSOLATRICE DE LA RAISON FACE À LA MORT ?


La consolation antique n’est pas une lettre de condoléances moderne où l’on se borne à exprimer toute la compassion que l’on éprouve à l’égard de ceux qui restent. Exercice qui remonterait au sophiste Antiphon, elle est un objet d’interrogation tant elle présente d’aspects déconcertants (elle peut être auto-consolatrice). Elle appartient à une certaine culture, à une certaine histoire où l’on ne laissait pas le seul temps panser les plaies de l’âme. Ne présente-t-elle qu’un intérêt de curiosité ? Cet intérêt s’attacherait à un texte vétuste dont la valeur esthétique (celle qui découle de l’éloquence du consolateur) n’interdirait pas de considérer cependant qu’il appartient à une époque irrémédiablement révolue. Dans  L’essai sur les règnes de Claude et de Néron, Diderot écrivait : « Il me semble que la consolation est un genre d’ouvrage peu commun chez les Anciens et tout à fait négligé des Modernes. Nous louons les morts qui ne nous entendent plus : nous ne disons rien aux vivants qui s’affligent à nos côtés ». En réalité, Diderot semble ignorer la fréquence des consolations antiques comme la survivance de cet exercice jusque chez Descartes. Comment juger la lettre de consolation ? Faut-il estimer que son efficacité provenait de ce que l’homme de l’Antiquité était plus réceptif que nous à la rationalité face à la mort, allant jusqu’à l’affronter avec des arguments mêlés issus de toutes les philosophies? Est-elle œuvre rhétorique ou philosophique? La distinction n’est pas totalement fondée: la consolation vise, par une utilisation thérapeutique du langage, à répondre à une certaine ambition de la philosophie - celle d’être une médecine de l’âme.

Dans la Lettre à M. et Mme Perier à Clermont à l’occasion de la mort de Monsieur Pascal, le père, décédé à Paris le vingt-quatre septembre 1651, c’est une nouvelle orientation qu’entend donner Blaise Pascal à la consolation, reprochant à la philosophie antique « d’avoir pris la mort comme naturelle à l’homme ».

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Jeudi 5 juin 2014

 
En partenariat avec la Société d'Astronomie Populaire

et l'Observatoire de Jolimont, qui nous accueillent dans leurs locaux

et avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public


17 h 30 – Séance de communication – Observatoire de Jolimont, 1, avenue Camille Flammarion, 31500 Toulouse [Bien noter ce changement de lieu].


Communication de Monsieur Gauvain Leconte, Doctorant rattaché à l'Université Paris 1 et à l'IHPST (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et Techniques), Diplômé de l'Observatoire de Paris.


La connaissance scientifique de l'Univers est-elle possible ?


La question qui fait office de titre à cette intervention peut sembler étrange: c'est un fait que les scientifiques étudient l'Univers. L'astronomie n'est-elle pas la branche de la physique qui a pour objet tout ce qui existe au-delà de notre atmosphère, c'est-à-dire l'Univers dans lequel prend place notre planète bleue ?

Le premier objectif de cette intervention est de montrer que l'astronomie sous sa forme moderne – l'astrophysique – n'a pas pour objet l'Univers en tant que tel, mais les corps qui prennent place dans l'Univers. J'exposerai ensuite de sérieuses objections philosophiques contre la possibilité d'étudier l'Univers comme ensemble de ce qui est. Mais je montrerai en dernier lieu que l'on peut répondre à ces objections et qu'une science relativement jeune, la cosmologie, a ainsi pu se constituer.

On considère habituellement que l'âge moderne de l'astronomie a commencé avec les travaux de Nicolas Copernic (1473 – 1543) et de Johannes Kepler (1571 – 1630) qui ont défendu l’héliocentrisme et ouvert la voie à la conception d’un Univers infini. En m’appuyant sur les recherches des historiens et philosophes des sciences, je montrerai que cette révolution scientifique a eu deux conséquences majeures sur la science astronomique :

  1. La Terre devenant une planète comme les autres, les mêmes lois doivent s’appliquer à sa surface et dans les Cieux. Il devient donc possible d’étudier et de comprendre les phénomènes célestes (le mouvement des planètes, la combustion des étoiles, etc.) avec les mêmes lois physiques que celles que l’on peut expérimenter sur Terre.

  2. L’Univers devenant infini, il n’est plus représentable sous la forme d’un cosmos, c’est-à-dire d’une sphère close dont on peut décrire en détail chacun des mécanismes. Ainsi, il n’est plus possible d’étudier l’organisation de l’Univers, mais uniquement une petite partie de celui-ci, notre système solaire et l’Univers observable.

Je décris ensuite le résultat de ces transformations : l’astrophysique comme science qui traite physiquement des astres et des phénomènes célestes mais non de l’Univers comme un Tout.

Cela a amené plusieurs philosophes à douter de la possibilité même d’une étude scientifique de l’Univers. Dans la deuxième partie de l’intervention, j’expose deux exemples de critiques sérieuses à l’encontre de la scientificité de la cosmologie :

Dans un dernier temps j’esquisserai une réponse à ces objections philosophiques en montrant qu’une connaissance scientifique de l’Univers comme un Tout dans lequel les autres phénomènes physiques prennent place en montrant comment s’est constituée une cosmologie scientifique depuis les années 1910 – mais surtout depuis les années 1960. Je défendrai que cette discipline qui décrit l’origine et le destin de notre Univers est, malgré ses spécificités, tout autant scientifique que les autres branches de la physique, et qu’elle a été rendu possible par deux facteurs :

  1. Les changements conceptuels des notions d’espace et de temps opérés par Albert Einstein.

  2. La transformation des méthodes d’observation et d’expérimentation au cours du XXe siècle.



Une observation du ciel est prévue dans la soirée.


La carte du ciel

05-06-2014

20 h 30 (TU




crépuscule astronomique

03h55

crépuscule nautique

04h52

crépuscule civil

05h38

lever du soleil

06h13

coucher du soleil

21h13

crépuscule civil

22h07

crépuscule nautique

22h52

crépuscule astronomique

23h49



lieu d'observation...

lattitude :

43 d 36 N

longitude :

1 d 27 E



Vendredi 24 janvier 2014


16 h 30 - (Bien retenir cet horaire) – Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE

RÉSERVÉE AUX MEMBRES TITULAIRES

Ordre du jour



17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Monsieur Bernard Baas, Agrégé de l'Université, Docteur en philosophie, Professeur honoraire de khâgne au Lycée Fustel de Coulanges, Strasbourg


Le sujet, la science, la technique : Descartes, Lacan,

l'un "avec" l'autre.


Contrairement à ce qu'on pense trop souvent, la psychanalyse n'a pas prétendu rendre obsolète la philosophie de Descartes. C'est ce qu'atteste l'enseignement de Jacques Lacan, qui est allé jusqu'à affirmer que « la démarche de Freud est cartésienne ».

L'intérêt de la lecture de Descartes par Lacan ne tient pas seulement à l'originalité de sa compréhension de la philosophie cartésienne, mais aussi – par un effet de retour – à la leçon qu'il en a tirée pour l'élaboration de sa propre théorie psychanalytique. Sont ici concernés le statut ontologique du sujet dans le cogito, le fondement de la science moderne et le destin de l'existant dans l'univers de la technique – trois questions que la philosophie est ainsi invitée à repenser par les croisements d'une double lecture : lire Descartes avec Lacan et Lacan avec Descartes.

Message de Bernard Baas : "Je veux aussi vous informer que le lendemain, samedi 25, je ferai une conférence à l'université, à l'invitation d'un ami, professeur au département de psychologie, sur "Honte, subjectivation et réification"; j'y parlerai de Kant, de Sartre de Lacan et de G. Anders. Et, le samedi après-midi, les éditions Eres organisent une présentation du livre que j'y ai publié à la librairie Ombres Blanches."

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Jeudi 20 février 2014


17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

En partenariat avec la Régionale de

l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public


Communication de Monsieur Philippe Soual, Agrégé de l'Université, Docteur en philosophie, HDR, Professeur de Première supérieure au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse.


Hegel et l’esthétique


La conférence portera sur l’Esthétique de Hegel. Un lieu commun indéfiniment ressassé y lit la proclamation de la mort de l’art, mais, à l’encontre de cette erreur, il s’agira de montrer deux choses : précisément, Hegel y découvre et y fonde l’esthétique, ce qui veut dire qu’il y découvre l’art comme sphère indépendante de la vie de l’esprit, distincte de la vie politique, de la religion et de la philosophie, de sorte qu’il y affirme la vie infinie de l’art. Dans son Esthétique, c’est alors la destinée de l’art moderne qui est en jeu, déjà dans la mesure où Hegel le rend possible en le pensant, jusque dans certaines de ses apories contemporaines.

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Jeudi 20 mars 2014

 

17 h 30 – Séance de communication – Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Monsieur Bernard Hubert, Docteur en philosophie, Membre de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse


Autorité et démocratie



L’autorité qui est nécessaire au gouvernant dans tout régime politique, est l’objet d’un examen très précis de la part d’Yves R. Simon (1906-1961) dans son traité La Philosophie du gouvernement démocratique (traduction française à paraître en 2014). Une fois précisé que l’autorité, comme principe de l’action unie en vue du bien commun, est essentielle à la cohésion de la société, Yves R. Simon considère la manière dont, en régime démocratique où le peuple est souverain, l’autorité est réellement transmise partiellement et pour un temps donné à un gouvernement qui exercera le pouvoir légitimement sous le contrôle des institutions proprement démocratiques qui encadrent une authentique délégation de pouvoir. Chemin faisant diverses théories ou objections classiques sont présentées et discutées pour faire ressortir la ligne de crête sur laquelle doit se tenir un juste et réel exercice de l’autorité.


A.N. : Bernard Hubert prépare l'édition en français du livre d'Yves Simon, La Philosophie du gouvernement démocratique, à paraître en mai 2014.

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Lundi 7 octobre 2013

En partenariat avec La Novela


18 h 30 – 20 h 00 – Séance de communication – Auditorium « Picot-Lapeyrouse », Muséum de Toulouse.

Communication de Madame Anne BAUDART, agrégée de philosophie, professeur de chaire supérieure, enseignant à Sciences-Po Paris (philosophie publique).
Secrétaire générale de la Société française de philosophie,
Vice-Présidente de l’Association internationale des Sociétés de philosophie de langue française (A.S.P.L.F.),
Membre du Comité de rédaction de la
Revue de Métaphysique et de morale (P.U.F.).


Auteur de nombreux ouvrages, souvent traduits en plusieurs langues, dont :

Qu’est-ce que la Sagesse ?
, Vrin, 2013,
Naissances de la philosophie politique, Le Pommier, 2006,
Qu’est-ce que la démocratie ?, Vrin, 2005,
La morale et sa philosophie (Prix Moron de l’Académie Française), Vrin, 2005,
Socrate et Jésus, Le Pommier, 1999...



PASSIONS GAÏA ET PENSER ET VIVRE ENSEMBLE


L’HOMME, FILS DE LA TERRE ET/OU AMI DES IDÉES ?



La cosmogonie grecque met en scène, dans le récit de la première génération des dieux, la divinité Terre, Gaïa, comme « assise sûre à jamais offerte à tous les vivants », entre Abîme (Khaos) et Amour (Eros), « le plus beau des dieux immortels ». La Théogonie d’Hésiode fascine Platon qui tout en voulant s’en démarquer, insère dans sa philosophie, un legs poétique ciselé par lui.


Le mythe de l’autochtonie dans la République reprend l’image de la terre nourrice, mère des hommes et des dieux, les rendant de facto « frères dans la cité » du monde et dans l’État politique. L’exigence du lien fort entre les citoyens, les appelant à un vivre ensemble harmonieux, juste, et équitable trouve ici sa source littéraire dans le mythe de la Terre-Mère.


Le Sophiste, de son côté, épris des relations de participation du même et de l’autre, définit les hommes comme « fils de la terre (gègeneis) et amis des Idées (eidôn philous) », soumis au devenir changeant et, en même temps, épris d’éternité. Socrate, un temps attiré par ceux qui expliquent tout par un principe premier d’ordre, par exemple, le Noûs (Esprit) d’Anaxagore, découvre que ce Premier n’est que matière et que son appellation d’Esprit est mensongère.


Le « tout matière » n’intéresse pas Socrate qui « change alors de navigation » et cherche un Esprit ordonnateur de tout qui ne soit en vérité qu’Esprit ou Forme purement spirituelle. Fils de la terre, Socrate n’accepte pas de s’y réduire. Ami des Idées, le regard tourné vers le ciel, il donne aux hommes de son temps l’exemple d’un penser et d’un vivre ensemble hors du commun, puisque l’exhortation à l’acceptation sereine de la mort en fait partie. La mort n’est qu’un passage vers un ailleurs dont il faut se montrer digne d’y parvenir.

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Mercredi 9 octobre 2013

En partenariat avec La Novela


18 h 30 – 20 h 00 – Séance de communication – Auditorium « Picot Lapeyrouse », Muséum de Toulouse.


Communication de Monsieur Philippe RAYNAUD, professeur des universités en philosophie politique à l’université de Paris-II Panthéon-Assas. Il enseigne également à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), au Centre de recherches politiques Raymond Aron, ainsi qu’à l’Institut d'études politiques de Paris, membre de l’Institut universitaire de France

Civilité, politesse et sociabilité : la leçon des Lumières

Le 18e siècle a porté la politesse aristocratique à son apogée, mais il n’a pas ignoré que celle-ci pouvait être le masque de la domination ; il a vu néanmoins dans la civilité une des conditions du déploiement de la sociabilité naturelle. La politesse, dit Montesquieu, « flatte les vices des autres, et la civilité nous empêche de mettre les nôtres au jour: c'est une barrière que les hommes mettent entre eux pour s'empêcher de se corrompre». C’est de cette question que l’on partira pour éclairer les débats contemporains, dans un monde qui ne croit plus guère au du progrès de la « civilisation »,et qui se demande plus modestement comment on peut être « civil » dans une société marquée à la fois par la permanence de la violence et par la montée de l’exigence de liberté, d’égalité, bref, de démocratie.

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Mercredi 5 juin 2013

 17 h 30 – Séance de communication – Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse.

Communication de Monsieur Kévin BUTON, professeur certifié, agrégatif.

Le Principe 

Argument non communiqué

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Jeudi 16 mai 2013

 

17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Monsieur Jean-Louis Vieillard-Baron, professeur émérite de philosophie à l'Université de Poitiers


Conflits des mémoires et collision des durées,

de Bergson à Paul Ricœur

 

         L’œuvre de Ricœur nous permet de penser à nouveaux frais une herméneutique des différents niveaux de mémoire, et d’envisager les conflits entre eux, en particulier les conflits intérieurs, et les conflits extérieurs qui en découlent.

         Le problème de la mémoire est central pour l’existence humaine. Ricœur en a dégagé les apories à partir de saint Augustin. Le couple intentio/distentio permet laborieusement de dépasser la problématique antique qui réduit le temps à la mesure du temps, et d’aborder la mémoire de soi, dans une perspective chrétienne-moderne. C’est sur la mémoire que se fonde l’approche de la longue durée et des lieux de mémoire. Faire mémoire est une exigence éthique, mais aussi une exigence spirituelle. On peut opposer (relativement) la commémoration (positive ou négative) et la célébration (sacralisation du passé et acte poétique : Rilke identifie la fonction poétique à l’acte de célébrer). Les mémoires multiples sont envisagées par Ricœur ; seule la mémoire historique est capable de construire des durées multiples, à partir de la durée phénoménologique sans laquelle nous n’aurions jamais la conscience du temps.

         Poussant un peu plus loin l’analyse de Ricœur, nous esquisserons une « polémologie des durées ». Husserl et Bergson ont substitué le « flux de conscience » à la tridimensionnalité augustinienne, présent-présent, présent-passé, présent-futur. Mais l’image du flux ne rend pas compte des phénomènes de mémoire : il n’y a pas seulement rétention du passé immédiat, juste passé, et remémoration du passé lointain dans le souvenir conscient. Il y a aussi superposition ou surimpression des sensations passées (proches ou lointaines) dans la perception présente. Ricœur n’a pas perçu la dimension polémique du problème du temps. La lignée Augustin/Husserl s’oppose à la lignée Kant/Bergson, en gros du moins. La focale du temps est le présent dans le premier cas ; elle est la Beharrlichkeit dans le second cas. La durée est permanence dans le temps, continuité. Bergson, tardivement étudié par Ricœur, ajoute nouveauté, jaillissement, et Heidegger souligne l’opposition de la temporalité vraie à la simple succession. La difficulté propre des conflits de durées vient de ce que le sujet n’est pas en surplomb au-dessus du temps.

         D’où l’acuité de la question d’une éventuelle sagesse permettant d’harmoniser les durées différentes au profit du bien-vivre humain. La morale de l’impératif catégorique laisse la place au souci d’une « sagesse pratique ». S’il est vrai que nous ne surplombons pas les temps, alors il nous faut envisager la promesse eschatologique du salut comme une réponse aux insolubles conflits des durées qui sont nôtres. Kant a vu dans l’espérance (au-delà des temps) la question spécifiquement religieuse. Ici s’articulent les deux perspectives, celle d’Augustin/Husserl (l’intra-temporalité enchassée entre l’origine et l’eschaton supratemporels) et celle de Kant/Bergson, où l’espérance permet à l’homme de quitter sa déréliction pour le divin.

 

Bibliographie :

Les ouvrages de Ricœur qui servent de base à cette réflexion sont les suivants :

Temps et Récit, I, II et III.

Soi-même comme un autre,

La Mémoire, l’Histoire, L’Oubli,

Parcours de la Reconnaissance.

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Vendredi 19 avril 2013

17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Melle Alexia ESPEUT, étudiante en Master Métiers de l'Enseignement et de la Formation en Philosophie à l'IUFM de Midi-Pyrénées

Le rapport de Marx et du marxisme à la religion : une interprétation théologique de l'œuvre de Marx est-elle légitime ? 

 

Karl Marx, savant ? Karl Marx, prophète ? Le clivage entre les interprétations scientiste et utopiste de l'œuvre de Marx entériné par la fameuse « coupure » dont parle Althusser entre le « Jeune Marx », hégélien, et le « Vieux Marx », économiste et sociologue du Capital, est toujours présent dans l'étude du marxisme.  S'interroger sur la validité d'une telle distinction entre la lecture eschatologique des écrits de Marx via l'analyse du rapport de Marx et du marxisme à la religion nous permettrait sans doute de mettre un terme à ces opinions qui consistent à croire que le marxisme soit réduit la politique à une superstructure exclusivement dépendante d'une structure économique, des jeux de marché, soit est un idéal stérile, l'élucubration d'un enthousiaste sans conséquence. Aussi en va-t-il de la crédibilité du marxisme que de nuancer ces positions et plus particulièrement la seconde taxée de désuétude. Il s'agit alors de confronter, ce qui en premier lieu est le plus apparent, l'athéisme de Marx et la portée de son discours que la tradition dite d'un « courant chaud » (E. Bloch) du marxisme donne pour messianique, de saisir par conséquent la valeur et la portée des métaphores religieuses qui abondent dans l'œuvre même de cet athée et par méthode de retranchement de regarder ce qu'il y a de commun entre la pensée de Marx et celle de théologiens révolutionnaires tels que Thomas Münzer, intervenu au côté des travailleurs dans la guerre des paysans en Allemagne entre 1524 et 1526, et actuellement les théologiens de la Libération. La distinction entre science et croyance au cœur du marxisme semble ici faire éclater l'unité de la pensée de Marx et faire oublier que sans ferveur, la prospection en vue de la révolution est nulle et réversiblement.

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Vendredi 29 mars 2013

 

17 h 30 – Séance de communication – Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

En partenariat avec la Régionale de
l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public



Communication de Monsieur Didier DELEULE, professeur émérite de philosophie comparée des sciences sociales de l'Université de Paris X-Nanterre, président de la Société française de la philosophie


Triomphe du modèle domestique et paupérisation du politique

 

La mise en relation de diverses figures (affaiblissement, appauvrissement, paupérisation) rencontre son lieu d'exercice privilégié dans ce qu'on appellera le modèle domestique du politique qui effectue de nos jours un retour fracassant sur la scène politico-médiatique, alors même que la pensée moderne n'avait eu de cesse d'en dénoncer les méfaits. À partir de ces notions on s'interroge sur la valeur de l'utopie et de la dystopie ainsi que sur l'idée même de gouvernement.

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Mercredi 20 février 2013

 

17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Monsieur Hugues LETHIERRY, professeur honoraire de l'IUFM de Lyon I

 

Le mensonge chez Vladimir Jankélévitch


« Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ». « Janké » vit à Toulouse pendant la guerre avec de faux papiers, fournis par Mgr B.de Solages, recteur de l'Université catholique, qui sera déporté.
Mensonge, le fait de cacher son identité, quand on vient d'être radié de l'Université en tant que juif et fils d'immigré russe ?

En 43, notre philosophe publie avec E. Borne, « Le mensonge raciste » : son texte porte sur une « psycho-analyse de l'antisémitisme ».
(En cas de lutte sociale explosive, il est commode, pour le pouvoir, d'inviter à troquer l'adversaire réel contre un bouc-émissaire)

Un an avant ce livre, était paru chez Confluence l'ouvrage sur le mensonge qui sera repris dans le Traité des vertus.. Dans le débat entre Saint-Augustin et Kant versus Benjamin Contant (18ème siècle), « Janké »,contre le purisme, serait du côté de ce dernier. Mais il y a des limites à ne pas franchir, même si le mensonge fait partie de la vie sociale, refusée, pour sa part, par Diogène, qui a le mérite de faire parfois éclater le scandale par ses « gaffes », la gaffe suprême étant la mort.

L'ironie, quant à elle, échappe a la volonté de tromper car elle est « bonne conductrice »...
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Vendredi 12 octobre 2012

 

18 h 00 – 19 h 00 – Séance de communication – Espace Duranti – Salle Osète (6, rue du Lieutenant Colonel Pélissier). Métro "Capitole". 

Communication de Monsieur Bernard BOURGEOIS, membre de l'Institut



En partenariat avec « La Novela »



Liberté de l’individu et engagement social


 

Faire société : c'est là, pour notre époque, amener à leur accomplissement, libérer ensemble, l'individu alors arraché à son intériorité et la société ainsi dégagée de son extériorité. Mais n'est-ce pas là aussi, faire abstraction, dans une réconciliation rendue illusoire, de ce qui constitue l'être spécifique de chacun d'eux? Telle est bien la question.



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 Jeudi 15 novembre 2012 

 

17 h 30 – Séance de communication – IUFM Midi-Pyrénées – École interne de l'Université de Toulouse II – Le Mirail, 56, avenue de l'URSS. Salle 3. Métro "Saint-Agne"

Communication de Monsieur Gérard Schmitt, professeur honoraire en classes préparatoires, chargé de cours à l'Université de Nancy

 

Marx et la question de la technique


Notre réflexion s’attachera principalement aux questions suivantes :

1. Qu’en est-il de la relation entre la technique et la société et entre le progrès technique et l’histoire ? Plus précisément, qu’en est-il du progrès des forces productives et de la relation entre forces productives et rapport de production ?

2. Est-on fondé à parler de neutralité de la technique ?

3. On pourra, le cas échéant, s’interroger sur la relation de l’homme et de la technique. La technique est-elle l’objectivation par excellence de l’homme ? Le développement technique est-il ce par quoi l’homme se réalise ? En bref, il s’agira de rendre compte de la technique au sein de ce qu’on peut appeler l’anthropologie marxienne.

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Vendredi 18 janvier 2013


16 h 30 - (Bien retenir cet horaire) – Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE

RÉSERVÉE AUX MEMBRES TITULAIRES

Ordre du jour



17 h 30 – Séance de communication - Maison des Associations, 81, rue saint-Roch, Toulouse

Communication de Monsieur Jean-Louis Vieillard-Baron, professeur des Universités (Poitiers)



Conflits des mémoires et collision des durées,

de Bergson à Paul Ricœur

 

         L’œuvre de Ricœur nous permet de penser à nouveaux frais une herméneutique des différents niveaux de mémoire, et d’envisager les conflits entre eux, en particulier les conflits intérieurs, et les conflits extérieurs qui en découlent.

         Le problème de la mémoire est central pour l’existence humaine. Ricœur en a dégagé les apories à partir de saint Augustin. Le couple intentio/distentio permet laborieusement de dépasser la problématique antique qui réduit le temps à la mesure du temps, et d’aborder la mémoire de soi, dans une perspective chrétienne-moderne. C’est sur la mémoire que se fonde l’approche de la longue durée et des lieux de mémoire. Faire mémoire est une exigence éthique, mais aussi une exigence spirituelle. On peut opposer (relativement) la commémoration (positive ou négative) et la célébration (sacralisation du passé et acte poétique : Rilke identifie la fonction poétique à l’acte de célébrer). Les mémoires multiples sont envisagées par Ricœur ; seule la mémoire historique est capable de construire des durées multiples, à partir de la durée phénoménologique sans laquelle nous n’aurions jamais la conscience du temps.

         Poussant un peu plus loin l’analyse de Ricœur, nous esquisserons une « polémologie des durées ». Husserl et Bergson ont substitué le « flux de conscience » à la tridimensionnalité augustinienne, présent-présent, présent-passé, présent-futur. Mais l’image du flux ne rend pas compte des phénomènes de mémoire : il n’y a pas seulement rétention du passé immédiat, juste passé, et remémoration du passé lointain dans le souvenir conscient. Il y a aussi superposition ou surimpression des sensations passées (proches ou lointaines) dans la perception présente. Ricœur n’a pas perçu la dimension polémique du problème du temps. La lignée Augustin/Husserl s’oppose à la lignée Kant/Bergson, en gros du moins. La focale du temps est le présent dans le premier cas ; elle est la Beharrlichkeit dans le second cas. La durée est permanence dans le temps, continuité. Bergson, tardivement étudié par Ricœur, ajoute nouveauté, jaillissement, et Heidegger souligne l’opposition de la temporalité vraie à la simple succession. La difficulté propre des conflits de durées vient de ce que le sujet n’est pas en surplomb au-dessus du temps.

         D’où l’acuité de la question d’une éventuelle sagesse permettant d’harmoniser les durées différentes au profit du bien-vivre humain. La morale de l’impératif catégorique laisse la place au souci d’une « sagesse pratique ». S’il est vrai que nous ne surplombons pas les temps, alors il nous faut envisager la promesse eschatologique du salut comme une réponse aux insolubles conflits des durées qui sont nôtres. Kant a vu dans l’espérance (au-delà des temps) la question spécifiquement religieuse. Ici s’articulent les deux perspectives, celle d’Augustin/Husserl (l’intra-temporalité enchassée entre l’origine et l’eschaton supratemporels) et celle de Kant/Bergson, où l’espérance permet à l’homme de quitter sa déréliction pour le divin.

 

Bibliographie :

Les ouvrages de Ricœur qui servent de base à cette réflexion sont les suivants :

Temps et Récit, I, II et III.

Soi-même comme un autre,

La Mémoire, l’Histoire, L’Oubli,

Parcours de la Reconnaissance.

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Jeudi 26 avril 2012

 

 

 

17 h 30 – Séance de communication

Communication de Monsieur Norman AJARI, doctorant en philosophie

 



Introduction à la pensée politique noire : des socialismes africains

à la critique postcoloniale

 

  L’objet inédit de la pensée noire n’est pas « la race », mais la manière dont la ligne de démarcation de couleur a pu produire la spectaculaire « récusation originaire de l’humain dans l’Africain » (Achille Mbembe) qui fut le fait de l’esclavage et de la colonisation. Mais c’est aussi un questionnement pratique quant à la façon de s’en sortir. Les mouvements indépendantistes furent indistinctement mus par des ambitions pratiques de développement et par la nécessité d’une reconquête d’une humanité confisquée – inquiétant par là, au sein même de la théorie révolutionnaire, le partage marxiste entre base et superstructure. Proposer une brève histoire de ces théories que la « Métropole » connaît peu, c’est ainsi présenter une série de réinventions des traditions philosophiques et politiques occidentales, dont les tumultes des temps ou la persistance des stéréotypes ont trop souvent oblitéré l’originalité.







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 Jeudi 24 mai 2012 

 

17 h 30 – Séance de communication

Communication de Monsieur Émeric TRAVERS, docteur en science politique, professeur de philosophie au Lycée Rive gauche (Toulouse), chargé de cours à l'ICT

 

 Kelsen et la distinction des ordres

 

La théorie du droit que nous devons à Hans Kelsen est surtout réputée pour sa défense d’une approche positiviste du droit. La Théorie pure du droit est donc la formulation d’une science du droit exempte de toute visée normative. Moins connue, moins citée, sa Théorie générale des normes vise, quant à elle, une pureté qui n’est plus simplement épistémique mais proprement ontologique. Kelsen y défend la nécessité de distinguer les ordres causal, normatif et logique. Son analyse de l’impératif de l’habileté tel qu’il est formulé par Kant, nous permet de saisir le refus par Kelsen d’admettre une objectivité des normes, c'est-à-dire la possibilité pour le devoir être de découler de la nature des choses.




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Jeudi 21 juin 2012

 

 

17 h 30 – Séance de communication

Communication de Madame Patricia Verdeau, agrégée de l'Université, docteur en philosophie, Université de Toulouse II – Le Mirail

 



Le programme de philosophie (en terminale)

entre la déférence et la recherche : esprit d'une époque ?

Approche d'une histoire des programmes de philosophie


La question des programmes peut être traitée de manière très large. Notre ambition n'est pas de proposer une analyse exhaustive et technique des textes et contextes, mais d'explorer, à travers l'histoire même des programmes de philosophie, comment ils se manifestent en lien et en adéquation avec des objectifs nationaux, institutionnels, avec un projet politique en articulation avec un état de la société. Par ailleurs, nous tentons d'examiner comment ils peuvent rendre compte d'un état de la recherche en philosophie, mais aussi des conceptions contemporaines de l'histoire de la philosophie. Quel est à un moment donné de l'histoire des XIXème et XXème siècles la manière dont on perçoit l'histoire de la philosophie, l'identité même de ce qu'on entend par culture philosophique ? La question des enjeux institutionnels croise alors celle des enjeux intellectuels. Pour chaque programme, il est question d'appréhender un degré d'adéquation avec un projet politique, de compromis, de déférence, d'audace critique et par ailleurs, d'évaluer un degré d'appréhension des recherches philosophiques contemporaines.


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Jeudi 26 janvier 2012


17 h 30 – Séance de communication

Communication de Monsieur Julien LYSENKO, certifié en philosophie, titulaire d'un Master II en philosophie



Comment nous construisons nos connaissances



Dans La Construction logique du monde, Carnap avait commencé à reconstruire toutes nos connaissances à partir des éléments fondamentaux ; soit des objets fondamentaux et des relations fondamentales. Il avait choisi pour ordre celui de notre connaissance, donc son projet avait pour objectifs supplémentaires de fonder au mieux nos connaissances et d'établir la science unitaire (c'est-à-dire la seule science qui existe et dont les sciences actuelles sont des parties pour l'instant mal reliées).

Néanmoins il peut sembler que dans son choix des éléments fondamentaux Carnap a fait une erreur méthodologique ; Carnap lui-même dans la seconde préface à son livre nous dira que si le projet était à refaire il prendrait d'autres éléments fondamentaux.

C'est pourquoi nous allons essayer de voir le processus essentiel dans la construction de nos connaissances, dans une orientation très proche de celle de Carnap même si plus empiriste et moins logicienne, à partir des éléments qui nous paraissent fondamentaux.


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Jeudi 9 février 2012



17 h 30 – Séance de communication

Communication de Madame Simone GOYARD-FABRE, professeur émérite de l'Université de Caen et de Monsieur Francis JACQUES
professeur émérite de la Sorbonne nouvelle (Paris III).


Le primat de la relation : une autre philosophie



La philosophie occidentale moderne, dont, peu ou prou, nous sommes tous les légataires, a fait du sujet le creuset de toute pensée. Or, de l’égologie qui est au centre du cogito cartésien, de la monadologie leibnizienne, du criticisme kantien, de la phénoménologie husserlienne et même de la méditation de Levinas ou de Lavelle, se distingue une autre philosophie, fondamentalement dia-logique, qui repose sur la primauté logique et ontologique de la relation.

Ainsi, le langage est inter-locution et ne trouve son sens que dans le dialogue et la communication ; de même, la recherche scientifique, l’éthique, la politique, le droit, la religion … ne prennent leur véritable dimension qu’inscrits dans le contexte inter-subjectif de la co-signification qu’ils développent. C’est donc peu de dire que « le moi est haïssable ». Loin d’être un principe irrécusable, il doit céder la place à une relationnalité radicale et a priori, ontologiquement constitutive de toutes les opérations de la pensée et de l’action.

Il importe de prendre la mesure du retournement que provoque en philosophie la reconnaissance des paramètres inter, dia, avec… et de baliser les voies noétiques qu’il inaugure en renouvelant, sur la base de ses requêtes fondamentales, la démarche dialogique de l’acte de penser.

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Le Centre International C.A.I.R.O.S., la Telesio Galilei Academy of Science, la Société Toulousaine de Philosophie, l'Association des Amis de l'Hôtel d'Assézat et l’Académie d’Occitanie des Arts, Lettres, Sciences et Traditions Populaires ont le grand plaisir de vous convier à deux conférences du Professeur Luc Ferry, ancien ministre de l'Éducation Nationale, le mercredi 21 mars 2012 :

de 10 h à 12 h 30, salle du Sénéchal, 17 rue Rémusat, Toulouse :

« La naissance de la philosophie occidentale :

une relecture du voyage d'Ulysse »

et

de 14 h 45 à 16 h 45, salle Clémence Isaure, Hôtel d'Assézat, Place d'Assézat, Toulouse :

« Les deux humanismes : des Lumières à nous »

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Jeudi 22 mars 2012



17 h 30 – Séance de communication (en partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public)

Communication de Monsieur Evanghelos MOUTSOPOULOS, membre de l'Académie d'Athènes



La dialectique de l'identité culturelle à l'ère de la mondialisation



Revenir aux valeurs traditionnelles devient un postulat catégorique. Faut-il donc préserver les cultures nationales, garantes de la tradition et de l'identité ? Et la mondialisation ? Qu'en ferait-on? Sa présence est une réalité indiscutable. C'est ici que la dialectique interviendrait. On tâcherait de retenir les éléments positifs de la mondialisation tout en renforçant la dignité des cultures nationales, partant la tradition tout court. Cette dialectique peut, malgré les impasses qu'elle réserve, aboutir à un résultat acceptable. Cependant, la vigilance suivie devra en l'occurrence être de rigueur. Ou bien la protection des valeurs sera prioritaire ou bien l'humanité sera prise à son propre piège, tel l'apprenti sorcier. L'identité culturelle nationale, face à l'altérité expérimentale de la mondialisation, figure comme un havre sûr, face à une mer déchaînée ; un havre où l'on peut, en toute sérénité, mais sans insouciance, attendre que le calme revienne. Ce serait atteindre la convergence dont j'ai mentionné les mérites au début de mon exposé, du moins à un certain degré. En retardant ainsi la marée menaçante, le tsounami, de la mondialisation, on serait peut-être en mesure de la freiner et d'en canaliser l'élan au profit non plus de ses promoteurs, mais de l'avenir de l'humanité.


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Jeudi 6 octobre 2011


17 h 30 : Séance de communication 


Communication de Monsieur Jean DELORD, agrégé de philosophie, docteur ès lettres, section philosophie, professeur honoraire de Lycée et à l'IUFM Midi-Pyrénées, ancien chargé de cours à l'Université



Spinoza, archéologue de l'Écriture sainte


                                                                                                                                                    « La connaissance de l’Écriture doit se tirer de l’Écriture seule »


Cette loi que Spinoza applique, more logico, à sa propre écriture dans l’Éthique, nous verrons qu’elle le différencie de « L’interprés », de « La Philosophie interprète de L’Ecriture Sainte » de Louis Meyer parue en 1666 en même temps que le Traité théologico-politique. Deux ouvrages par ailleurs condamnés ensemble en 1674.

La notion spinoziste de « sola Scriptura » renvoie à un travail d’archéologue et non d’interprète. Spinoza se donne les moyens de constituer des systèmes partiels (des énoncés, dirait M Foucault) : la pensée de Moïse, de tel prophète, des faits historiques qu’ils racontent, les faits réels d’une époque, ce qu’a pu en penser un peuple dont la théorie de l’imagination décrit et déduit les caractéristiques. Il n’éclaire pas le sens des textes les uns par les autres comme s’ils étaient lisibles uniquement dans un système d’intelligibilité totale.

L’archéologie spinoziste s’appuie sur la différence entre les récits et les enseignements moraux. Or, ces « enseignements » sont démontrables par les notions communes même si celles-ci ne peuvent servir à prouver et à démontrer que l’Écriture donne des enseignements, exception faite du cas-limite de Salomon. De même si l’on quitte le TTP c’est bien à ce type d’archéologie auquel se livre Spinoza dans l’Éthique, à l’exemple du scolie de la proposition 68 qui défait l’histoire d’Adam.

Cette conférence abordera donc la question du sens, celle du statut de l’interprétation, de la place de la Raison et de la Philosophie en ce qui concerne un texte. Car l’archéologie textuelle de Spinoza fait de lui un textologue bien avant que les sciences cognitives ne s’emparent de la question et du traitement du langage. Ma thèse démontrait la « prudence » de l’écriture spinoziste, en particulier dans les scolies, véritables modèles de transformateurs textuels. Celle-ci redouble de précaution quand il s’agit de déterminer si l’Écriture Sainte est ou non une écriture, c’est-à-dire une pensée.

Car écrire, c’est philosopher. Ce n’est donc pas n’importe quel texte qui sera caractérisé comme étant philosophique par Spinoza ni n’importe quel passage de la Bible qui sera considéré comme un texte. Le Christ n’est pas reconnu pour sa divinité mais par rapport à l’idée de Dieu, Salomon n’est pas admiré pour sa sainteté mais pour sa rationalité. Judaïsme et Christianisme ne sont que des morales universelles par leur exhortation à la justice et à la charité. Le véritable statut de la loi divine n’est pas d’origine extérieure. L’Éthique prend sa source « dans le cœur de l’homme, c’est-à-dire dans la pensée humaine ».


Bibliographie minimale :

Louis Meyer, La Philosophie interprète de l’Écriture Sainte, Paris, Intertextes éditeur, 1998.

Spinoza, Traité Théologico-politique, Éthique.

Sylvain Zac, Spinoza et l’interprétation de l’Écriture, PUF, 1965.



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Jeudi 24 novembre 2011



17 h 30 – Séance de communication


Communication de Monsieur Jean TERREL, Professeur des Universités (Philosophie – Bordeaux III)



Le Léviathan de Hobbes :

la philosophie à l’épreuve de la politique


Sur l’exemple de l’événement que le Léviathan a représenté dans la vie de Hobbes, je tenterai de comparer deux relations possibles d’une philosophie à la politique : une relation spéculative, qui tient la politique à distance, comme domaine que la philosophie doit s’approprier pour être universelle, et une relation pratique : la politique est alors une expérience critique qu’il s’agit de penser pour y intervenir.



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Jeudi 15 décembre 2011



17 h 30 – Séance de communication


Communication de Monsieur Pierre Besses, professeur honoraire à l'Université de Toulouse II – Le Mirail, spécialiste de philosophie anglo-saxonne



République, identité, citoyenneté :

introduction à la pensée politique de Debray (1968-2010)




Dans le contexte de l'échec des sociétés multiculturelles (Grande-Bretagne et Allemagne), la mission de l'intellectuel est de persuader le citoyen que le communautarisme reste un défi pour les valeurs républicaines.

La République se légitime par sa capacité à construire une identité républicaine à partir des paradigmes de 1789 : la Déclaration des Droits de l'Homme sur le modèle des Constitutions américaines, dénoncées par Burke. L'essentiel pour le citoyen est de savoir ce que signifie le concept de religion civile, ciment de l'État-nation.

Ce réveil de la conscience civique après deux siècles de sommeil de la raison libérale postule une critique très althusserienne de la société de l'audimat.

Ce concept présuppose aussi une doctrine de l'individu théorisée par Durkheim ; celui-ci construit son individualisme sur une conception de la personne humaine qui fait droit à son aspiration morale et religieuse.

Cet impératif critique implique également de déconstruire le mythe libéral de Furet selon lequel la Révolution de 89 serait terminée : il importe de cultiver des oppositions toujours fécondes, pour continuer à penser et à agir : république contre démocratie libérale, liberté contre égalité, laïcité contre religions révélées.


Référence : R. Debray, Critique de la raison politique, ou l'inconscient religieux, Gallimard, 1980, Seconde section : « Physique de l'orthodoxie ou l'inconscient politique », Ch. 4 : « Comment le collectif avance en reculant »


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Mardi 12 avril 2011


16 h 30 : Séance de communication - salle polyvalente


Communication de Monsieur Gwénolé Le Mest, Professeur au Lycée Marie Curie de Tarbes, vice-président de la Régionale de l’APPEP.



Questionner le questionnement philosophique 

pour réinterroger finalement Descartes


La nécessité de questionner le questionnement philosophique est apparue une préoccupation affirmée dans la philosophie la plus récente. L’interrogation étant constitutive de la pensée philosophique, la philosophie deviendrait inévitablement érotétique. La question du mystère qui ramène toute réponse à l’irréductible puissance de la question posée engage le problème de l’essence et de la destinée même de la philosophie qui a su manifester un potentiel - certes discuté - de résistance au progrès des sciences. D’une philosophie du mystère il faut bien passer au mystère même de la philosophie qui ne cesse de s’interroger sur elle-même et sur les questions qu’elle peut, doit ou ne doit pas se poser. Une attention portée à l’histoire de la philosophie devrait révéler que questionner le questionnement a été, il y a déjà longtemps, une préoccupation majeure des philosophes. Le moment philosophique du doute cartésien symbolise bien cette interrogativité philosophique radicale dont on peut se demander si elle révèle le philosophe en le faisant naître. Descartes a douté pour ne plus douter mais il insiste sur la longue durée requise afin de réfléchir aux « choses que l’on peut révoquer en doute ». La complexité foisonnante du doute cartésien se mesure à l’ampleur des polémiques exégétiques (parti pris de douter disait Liard, doute sincère répondait Hamelin…) comme à l’addition des qualificatifs qui le déterminent, mais Descartes lui-même nous assure qu’il est tout simplement philosophique.

La première des « Méditations métaphysiques » invite à une relecture acheminant vers une interrogation qu’Husserl suscitait en 1929: est-on, avec ce moment mémorable du doute cartésien, en présence du prototype exemplaire de toute philosophie ?


Cette conférence sera accompagnée d’une animation visuelle, présentant des créations du conférencier (dessins liés la philosophie).


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Mardi 17 mai 2011



16 h 30 – Séance de communication - salle 35


Communication de M. Marc Conturie, titulaire d'un Master II en philosophie


Y a-t-il une morale dans la philosophie de Bergson ?


On sait que le bergsonisme fut non seulement une doctrine réinstaurant la métaphysique, au début du XXe siècle mais un courant qui dépassa le cadre des cours de Henri Bergson au Collège de France. Comme l’existentialisme à une autre époque, le bergsonisme a eu ses adeptes, ses mœurs, sa façon de parler, etc. Il faut toutefois dépasser les considérations plus ou moins triviales, ou d’ordre sociologique, pour aller vers la doctrine même dans son essence et tâcher de voir si réellement elle contient une source d’enseignement moral. Ce n’est pas parce que le bergsonisme peut être affiché dans des slogans politiques par exemple (comme l’a fait remarquer Gustave Rodrigues dans Bergsonisme et moralité au début des années 20) qu’il atteint réellement les gens dans leurs choix existentiels ou dans leurs habitudes quotidiennes. La question va donc se poser pour nous de savoir si une morale bergsonienne existe et, au cas échéant, ce qu’elle est.


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Mardi 14 juin 2011


17 h 30 – Séance de communication – salle 35


Communication de M. Michel Nodé Langlois, Professeur en classes préparatoires au Lycée Pierre de Fermat de Toulouse


Qu’est-ce que les Lumières ?...


… tel fut le titre de quelques opuscules rédigés dans les dernières décennies du siècle ainsi dénommé, dont le plus célèbre reste celui de Kant. Le thème est redevenu un objet d’analyse, de débat, voire de polémique, surtout depuis la célébration du bicentenaire de la Révolution française. Il est vraisemblable que l’usage consacré, en français, du pluriel – au contraire de l’Aufklärung allemande, ou de l’enlightenment britannique – soit la manière la plus adéquate de désigner ce qu’il est impossible de considérer comme une philosophie unifiée, ni même comme une posture intellectuelle univoque, tant les qualifications auxquelles on a ou est tenté de les ramener se révèlent contestables à l’examen : irréligion, rationalisme, humanisme, critique… par exemple.


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Mardi 18 janvier 2011


16 h 30 : Séance de communication - salle 35


Communication de Monsieur Christian LOUBERE, agrégatif, titulaire d'un Master II de philosophie


Le surnaturel dans l’œuvre de Simone Weil


"L’homme ne pourra jamais de lui-même produire quelque chose de meilleur que sa propre nature" (cf. Cahier ix, 1942, [238]3).


Le surnaturel est l’une des questions centrales de la pensée de Simone Weil. Il s’agit pour elle de considérer sa nécessité comme la manifestation d’une aspiration, celle de la transformation de la nature de l’homme. Pour Simone Weil, l’homme est déchu et il ne peut accéder à autre chose qu’à la tragédie d’exister comme séparé, désuni dans l’horizon de la lutte et de la force. Cette errance de sa nature, irréversible, fait de lui un prisonnier et un spectateur de son malheur. Le surnaturel vient donc s’opposer à cette condition désespérée de l’homme, laquelle le rend incapable de produire autre chose qu’elle-même. En ce sens le malheur est la vérité de l’homme, répétition de la chute originelle dans l’existence, à la fois création et péché, qui est abdication de Dieu. Le surnaturel s’impose ainsi à la nature humaine comme un dépassement, l’exigence d’une expérience d’un au-delà de sa condition. Le surnaturel est donc expérience de la divinité perdue de l’homme qui l’engage dans un bouleversement de sa condition d’existence, aussi bien matérielle que spirituelle.

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Vendredi 18 février 2011



16 h 30 – Séance de communication - salle 35


Communication de Monsieur Eric BORIES, professeur de classes péparatoires au Lycée Pierre de Fermat, Toulouse. 


Hegel et la querelle de l’institutionnalisme


Hegel s’est appliqué à renvoyer dos à dos les thèses de ceux, théoriciens du droit ou juristes, qui voulaient reconnaître dans une norme ou dans une décision, le fondement de l’ordre juridique. C’est pourquoi les lecteurs de la philosophie du droit hégélienne, une fois avertis de ce double refus, se satisfont souvent de celui-ci pour retenir le trait institutionnaliste du droit hégélien. Or je voudrais ici montrer que cette lecture, qui repose sur un savoir de ce qu’exclut le système hégélien, demeure à l’origine d’interrogations engageant le lien entre le droit hégélien et la liberté effective, lien souvent impensé, sans doute même refoulé et détourné vers une représentation de l’Etat hégélien comme « le plus froid des monstres froids. » Or il s’agit ici de revenir sur cet impensé de l’institutionnalisme hégélien pour établir en quoi l’aspect non résolu, ou pire, résolu de façon expéditive, de certains problèmes, conduit à ce que je nomme ici une controverse de l’institutionnalisme. Comment, tout d’abord, le droit hégélien peut-il se développer selon une « seconde nature » tout en refusant de penser la nature comme commencement ou fondement du droit, autrement dit en refusant l’existence d’une nature première ? Comment d’autre part, ne pas reconnaître chez Hegel un « institutionnalisme fort », fondamentalement susceptible de sacrifier la liberté individuelle sur l’autel d’institutions judiciaires, législatives et exécutives absolues ? Comment en effet, et enfin, pourrait-on penser une force de l’institution sans affirmer la puissance indiscutable et primordiale du pouvoir de l’Etat ?

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Mardi 22 mars 2011


17 h 30 – Séance de communication – salle 35


Communication de Monsieur Jean-Pierre VALLA, professeur honoraire de classes préparatoires.


Actualité de Spinoza


Depuis la fin des années soixante jusqu'à nos jours l'intérêt suscité par la philosophie de Spinoza n'a cessé de croître. En témoignent, ne serait-ce qu'en France, les nombreux commentaires qui lui ont été consacrés, dont ceux de Guéroult, Deleuze, Matheron, Negri, Macherey, Moreau... pour ne citer que les plus connus. L'attraction qu'exerce la pensée de Spinoza sur nos contemporains provient, sans doute, de ce que, au-delà de l'analyse de sa problématique philosophique prise pour elle-même, nous trouvons dans la pratique théorique de Spinoza les outils conceptuels qui nous permettent de saisir notre présent. En ce sens, et selon l'expression de P.Macherey, nous pensons « avec Spinoza ».C'est ce « penser avec » qui sera l'objet de ma communication. Je prendrai comme matériau, base et point de départ, le dernier livre de F.Lordon : Capitalisme, désir et servitude (éd. La Fabrique Sept.2010). Ce texte me semble exemplaire car il articule l'éthique spinoziste à la critique de l'économie politique marxiste afin de mettre en lumière les problèmes sociaux et idéologiques de notre temps. Ce qui exige bien évidemment que soient redéfinis les concepts de Spinoza et de Marx. C'est à ce prix que s'éclairent les drames (suicides au travail), les servitudes que nous vivons (échec des mouvements sociaux), bref ce que nous appelons la « crise » dans toute son extension. Il me semble donc que l'on peut, à partir de l'analyse du livre de Lordon, interroger de façon lucide et critique les présupposés qui commandent l'interprétation- compréhension de notre présent, autrement dit qui commandent la mé-connaissance de nos problèmes.

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Vendredi 15 octobre 2010


16 h 30 : Séance de communication   salle 35


Communication de Madame Danièle PEYTAVI


« La liberté est la raison d’être de la politique. » Hannah Arendt


Hannah Arendt, à partir de 1933, s’attache à établir la compréhension de ce qu’elle considère comme une perversion radicale et monstrueuse de la politique, à savoir, la séparation de la politique et de la liberté. Séparation dont l’avènement d’Hitler et la montée des totalitarismes sont les symptômes les plus aigus. Toute l’entreprise intellectuelle de la philosophe va consister à comprendre cet événement, jusqu’à parvenir à la thèse provocante, polémique : « la liberté est la raison d’être de la politique. » A quelles conditions et en quel sens peut-on soutenir une telle proposition ?


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Mardi 23 novembre 2010



16 h 30 – Séance de communication  salle 35


Communication de Madame Géraldine LEPAN, Maître de Conférences à l’Université de Toulouse II - Le Mirail


Amitié, concorde et lien politique chez Hobbes


Peut-on édifier une philosophie civile sur le rejet de l'amitié, au moins sur sa relégation dans la sphère privée ? Hobbes est pris ici comme représentatif de la rupture d’un cadre de pensée où la sociabilité était conçue comme la vocation de l’homme, et de l’effacement de l’amitié chez les modernes. Avec lui, le contrat cesse d’être subordonné au lien social, et les relations affectives se transforment en relations de besoin et relations contractuelles. Plutôt que d’une élimination de l’amitié, on parlera plutôt d’une instrumentalisation de l'amitié qui s’accompagne d’une redéfinition des frontières de la morale et du juridico-politique, sensible dans la transformation de « l’amitié » en « civilité ».

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Mardi 14 décembre 2010


16 h 30 – Séance de communication  salle 35


Communication de Madame Marie-Thérèse DUFFAU


La philosophie de Mgr Bruno de Solages

Mgr Bruno de Solages est tout d’abord un thomiste. Il admire le cardinal Mercier et se réfère à ses ouvrages, notamment en métaphysique. Il est lui-même l’auteur d’une Initiation métaphysique. Considéré comme un «esprit aristotélicien» par ceux qui suivent ses cours, il souhaite concilier thomisme et apport d’autres penseurs. Il cite dans ses discours saint Augustin, Pascal mais aussi Bergson, dont il retrouve l’influence dans les travaux de son ami le Père Teilhard de Chardin. Il correspond avec le philosophe lyonnais des Semaines Sociales Joseph Vialatoux afin de déterminer la problématique de certains sujets de cours et de répondre au Père de Broglie. Comme le Père de Lubac il souhaite montrer dans ses travaux les liens étroits entre le naturel et le surnaturel. Il correspond aussi avec Maurice Blondel qu’il défend, et avec Jacques Maritain. Solages s’intéresse à la philosophie des sciences, à la philosophie de l’histoire et s’oppose à l’existentialisme.

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Vendredi 23 avril 2010


16 h 30 – Séance de communication - salle 35

Communication de Madame Flora BASTIANI, Docteur en philosophie


Levinas et le retournement éthique


La philosophie d’Emmanuel Levinas a pour fondement la possibilité éthique du sujet. Pourtant, le constat qui saisit Levinas dès ses premiers écrits est celui de l’emprisonnement de ce même sujet dans un mouvement égocentré et dans sa jouissance du monde. L’élaboration de sa pensée de l’éthique conduit Levinas à cet étrange retournement de la situation : un moi qui se satisfait de ne se préoccuper que de lui et de sa persévérance dans l’être, se trouve transformé en un agent éthique perpétuellement tendu vers l’autre, dans l’insatisfaction constante de ne pouvoir lui rendre ce qu’il lui doit. Le paradoxe du commencement de l’éthique est néanmoins explicité par Levinas comme condition de possibilité de l’éthique.

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Vendredi 21 mai 2010


16 h 30 – Séance de communication – salle 35

Communication de Monsieur Yannick SOULADIE, Docteur en philosophie, Chargé de cours à l’Université de Toulouse le Mirail.


L’inversion nietzschéenne des valeurs


Cet exposé s’attachera à prendre à contre-pied certaines idées reçues sur la pensée nietzschéenne, notamment celle selon laquelle sa philosophie serait « inachevée ». En nous penchant sur ses derniers écrits, notamment ses dernières lettres, dont certaines sont encore inédites en français, nous tâcherons de montrer comment Nietzsche a, en 1888, selon ses propres termes « accompli » son œuvre en écrivant L’inversion de toutes les valeurs autrement dit L’Antéchrist. Loin d’être le fruit d’un mouvement d’humeur ou une prémisse de la folie, comme on a pu le prétendre, L’Antéchrist constitue le véritable acte unificateur de sa philosophie. « Maintenant, j’ai la conviction absolue que tout est réussi, depuis le commencement – tout est unité et veut l’unité. » peut-il ainsi écrire à un ami en décembre 1888, après avoir justement achevé cet ouvrage et Ecce Homo. Nous nous proposons de montrer concrètement comment se réalise cette unité, notamment comment le concept de volonté de puissance, l’opposition généalogique entre deux morales et le thème de l’incorporation parviennent à pleinement s’exprimer indépendamment de toute velléité systématique. « Peut-être découvrira-t-on encore derrière ce livre, le système auquel je me suis soustrait… », écrivait Nietzsche à propos d’Ainsi parlait Zarathoustra. Nous allons tâcher de déterminer en quelle mesure cette phrase pourrait également s’appliquer à L’Antichrist et Ecce Homo.


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Vendredi 18 juin 2010


16 h 30 – Séance de communication – salle 35

Communication de MM. Jean GRANIER, Professeur à l’Université de Rouen et Vincent BRESSON, Docteur en philosohie


Introduction à la pensée de Jean GRANIER


Jean Granier propose de fonder la Philosophie comme Intégralisme, en méditant la position transcendantale de l'être dans le discours philosophique et le statut du moi dans sa composition, avec le désir et les valeurs. A rebours de la tentation de faire de l’être l’objet prioritaire de la philosophie, Jean Granier met en évidence que l’être n’est que le code qui règle le discours du monde à partir de ce qu'il appelle la thésis du référentiel compris comme l’Intégral ; d’autre part, il révèle le véritable auteur du discours philosophique, le moi, si bien que c’est l’empreinte égotiste qui confère aux concepts philosophiques leur originalité comme concepts prospectifs, valoriels et pathétiques. Inspiré par Nietzsche mais en rupture avec son immanentisme, Jean Granier invite à une compréhension de la philosophie comme interprétation égotiste du monde – mais aussi de son au-delà, le transréel, à partir d'une anthropologie philosophique qui met en avant l'exigence ultime du moi, laquelle résume la totalité de ses innombrables désirs et coïncide avec ce que recherche la Métaphysique.


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Vendredi 22 janvier 2010

16 h 30 – Séance de communication - salle 35

Communication de Monsieur André STANGUENNEC, Professeur émérite à l'Université de Nantes, Président de la Société Nantaise de Philosophie


Le monde : de la politique à la nature


Cette conférence est la reprise, étoffée et assortie de nouveaux arguments et de nouvelles références, de l’articulation entre deux Chapitres de mon livre La dialectique réflexive, visant une transition entre la philosophie de l’histoire (à visée ou finalité cosmopolitique) et la philosophie de la nature (à visée ou finalité cosmologique). Cette articulation s’effectue en un mouvement régressif de la réflexion, mouvement régressif allant du monde cosmopolitique comme finalité dernière de la raison pratique juridique, vers l’horizon d’un « sens commun » à la raison cosmopolitique et à la rationalité des sciences de la nature : c’est cet horizon commun ou « ordre » rationnel et total du monde, historico-naturel, que nous nommons le monde cosmologique. Il en découle la construction en deux parties de notre argumentation : une première partie qui thématise la visée cosmopolitique de la raison juridico-politique et une seconde partie qui thématise l’inscription  du monde cosmopolitique dans le monde cosmologique, au sein duquel est cherché un passage (analogue en quelque sorte à l’Übergang (passage que Kant cherchait dans sa troisième Critique ) du monde de la nature au monde de la liberté en termes de réflexion téléologique.

Ajoutons que la réflexion cosmopolitique se fait en suspendant les thèses de la théologie hégélienne de l’histoire et qu’elle est plutôt « kantienne » en un sens que nous expliquerons ; tandis que la remontée vers l’horizon cosmologique commun à la liberté pratique et à la nature de la deuxième Partie se fait, elle, dans le suspens de la théologie morale kantienne, cette théologie morale dont Kant fait le principe premier de la réflexion théologique sur les fins de la nature dans le § 86 de la CFJ, intitulé précisément « la théologie morale ». C’est donc dans le suspens des théologies, théologie hégélienne de l’histoire d’abord, théologie morale comme principe de la réflexion sur la connaissance de la nature, ensuite, que nous tâchons de construire cette articulation qui doit, par ailleurs, beaucoup aux apports des deux philosophes allemands.

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Mercredi 17 mars 2010

[Cette séance a lieu exceptionnellement un mercredi]


16 h 30 – Séance de communication – salle 35

Communication de Madame Monique Lise COHEN, Docteur ès lettres, écrivain


Introduction à l'œuvre d'Henri Meschonnic


Henri Meschonnic, à travers son œuvre immense, nous enseigne que le dualisme du signe (signifiant/signifié) qui reprend le dualisme métaphysique (sensible/intelligible) est à la source de tout pouvoir dictatorial. Dans l’optique dualiste, les livres sont lus à travers une grille conceptuelle qui efface le texte. Par exemple la lecture de la Bible par Philon d’Alexandrie est une lecture dans le dualisme. Là où le récit biblique parle d’Abraham, Philon invite à entendre « forme », et là où il est question de Sarah, Philon parle de « matière ». Le récit s’efface, il ne reste qu’un squelette conceptuel sur lequel des pouvoirs politiques marqueront leur empreinte et leur dictat. Si vous vous aventurez à lire librement la Bible, alors le pouvoir inquisitorial religieux lié à l’Etat vous fera passer en procès, et si vous persistez dans votre lecture libre, vous serez traîné devant le bourreau des corps. L’histoire des traductions de la Bible a marqué l’histoire du pouvoir en Occident. Or la Bible, dans sa graphie hébraïque originelle, n’est pas écrite dans cette conceptualité. Il y a un rythme de la lecture, une « signifiance », qui est comme « Un coup de Bible dans la philosophie » (Ed. Bayard, 2004). Quel est ce rythme, cette signifiance, qui n’est pas le rythme grec (alternance de temps forts et de temps faibles) ? En quoi la lecture biblique est-elle prophétique, c’est-à-dire appelant à l’écriture de nouveaux textes ? Ou à une « infinitisation du sens » ? Ces questions ouvrent une interrogation constante dans l’œuvre de Meschonnic, sur la littérature, sur la critique de la linguistique et de la philosophie, sur la traduction, et sur sa propre écriture poétique. Meschonnic parle de la radicalité du sujet, celui qu’il nomme « sujet du poème ». L’écriture poétique qu’il décrit comme une écriture ordinaire, quotidienne, est de la dimension de la parole prophétique : « une praxis aveugle ». Cet engagement éthique se fait dans l’écriture. Contre le sacré, contre la religion, pour une pensée inédite du divin (ni philosophique, ni théologique, ni religieuse). Un athéisme, à la manière de Spinoza, c’est-à-dire sans la mort de Dieu. Tout le chemin est celui d’une désacralisation qu’il développe dans L’utopie du Juif et dans Un coup de Bible dans la philosophie. En Exode 3,14, lorsque Moïse demande à Dieu son nom, Il lui répond par un verbe : « éhié-- acher éhié », c’est-à-dire : « Je serai-- que je serai ». Le verbe est ici à l’inaccompli et non pas au présent. Ce n’est pas, comme a traduit saint Jérôme, « ego sum qui sum », « Je suis qui je suis », ou « ce que je suis », ou encore dans d’autres traductions « l’être suprême ». Dieu n’est ni philosophe ni théologien. Il ne fait pas une ontologie ni une onto-théologie. Meschonnic insiste sur le futur parce que c’est une promesse. Ceci dans la suite du verset 12. Et il dit que l’inaccompli est l’aspect de ce qui n’a pas de fin, dans le temps. C’est une promesse indéfinie. Meschonnic écrit que c’est le divin, comme puissance créatrice de vie séparée du sacré qui ouvre l’infini de l’histoire, infiniment : « C’est le divin qui fait l’historicisation radicale de l’histoire, et du sens. De l’histoire comme sens, du sens comme histoire. » Citant Yeshayahou Leibowitz, un grand penseur juif contemporain, Meschonnic dit qu’il n’y a pas de messianisme. Puisque le messianisme impliquerait la fin de l’histoire. Cela est rendu possible, pensable, en Exode 3,14. Il est donc question d’historicisation du divin. La première historicisation est la réponse de Dieu sous forme d’un verbe : « Je serai ». La seconde historicisation se trouve dans la deuxième partie de la réponse : « que je serai », séparée du début par un accent disjonctif. Cela indique la promesse d’une venue à venir. L’infinitisation du sens. La troisième historicisation du divin aurait lieu dans L’Ethique de Spinoza, là où le divin n’est plus compris avec la religion, là où l’athéisme n’est plus compris avec la mort de Dieu. Il écrit : « Une intégration maximale de l’infini à la pensée. En même temps que de l’éthique à la pensée, et que l’intégration maximale de l’affect et du concept l’un à l’autre. Cette double intégration réciproque fait la poétique du divin, et la poétique de l’affect. » La quatrième historicisation qu’il cite toujours dans L’utopie du Juif  est la sienne : « Celle que je fais ici par la reconnaissance des trois premières et leur enchaînement. Parce qu’elle se fait dans le rythme comme organisation généralisée de la pensée, dans la prosodie comme pensée et la pensée comme prosodie, dans l’invention d’une subjectivation étendue à tout un système de discours qui fait qu’elle est son historicité radicale. C’est-à-dire l’expérience de pensée qui consiste à penser le maximum du corps dans le langage comme maximum de la pensée. Le continu de ce qu’un corps fait au langage. »

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Vendredi 16 octobre 2009


16 h 30 – Séance de communication - Manifestation organisée en partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public – salle 35


Communication de Madame Simone GOYARD-FABRE, professeur émérite des Universités


Parler et penser


La corrélation du langage et de la philosophie est, depuis Platon, un thème de réflexion récurrent. Au XXe siècle, le linguistic turn a conféré à ce thème une importance dont la force philosophique ne doit pas être mésestimée puisque c’est à travers le langage que le monde tel qu’il est livre son sens. Il importe donc de savoir ce que parler veut dire et de mesurer la profondeur noétique de la conjonction entre « parler » et « penser ».

Les pionniers de la linguistique puis les maîtres de la philosophie analytique anglo-saxonne ont eu le mérite de vouloir s’engager sur cette voie. Tout près de nous, la philosophie de Francis Jacques va beaucoup plus loin en procédant à l’analyse de la structure sémantique des énoncés de l’activité langagière. L’architectonique relationnelle de l’interlocution constitue le paradigme de la communication. Il y a en cela une révolution intellectuelle qui, à partir des réquisits du dialogisme, conduit à réviser la notion de transcendantal et à dépasser la démarche kantienne par un post-criticisme dont l’interrogation radicale est le fer de lance nécessaire à une « transformation de la philosophie ».

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Vendredi 20 novembre 2009



16 h 30 – Séance de communication – salle 35


Communication de Monsieur Bertrand SAINT-SERNIN, membre de l'Institut, recteur honoraire

L'action, laboratoire de la métaphysique, selon Maurice Blondel


On connaît le mot fameux de Socrate, dans la République (VII, 518 c), observant qu'il faut aller vers la vérité « de toute son âme (sun holè tè psuché) ». On note moins souvent que, dans la même phrase, se trouve aussi l'observation qu'un individu ne peut se tourner vers la lumière que « de tout son corps (sun holô tô sômati) ».

Maurice Blondel s'étant donné pour tâche d'explorer les conséquences spéculatives et pratiques de l'inséparabilité ultime de l'âme et du corps - qui résulte, dans le christianisme, de l'Incarnation -, voit dans l'action le laboratoire de la métaphysique. Dans La Pensée I, il cite la lettre de Descartes à Mersenne du 28 janvier 1641, dans laquelle celui-là précise : « Je prétends que nous avons des idées non seulement de tout ce qui est en notre Intellect, mais même de ce qui est en la Volonté. Car nous ne saurions rien vouloir sans savoir que nous le voulons, ni le savoir que par une idée ; mais je ne mets point que cette idée soit différente de l'action même ».

Pour Blondel, en revanche, l'action ne se réduit pas à l'idée de l'action. Son accomplissement dégage une clarté qui lui est propre (lucerna pedibus). C'est la lumière inhérente à l'exécution de l'action et à son cheminement, aux tâtonnements, aux égarements et à la destination des agents, que l'œuvre du philosophe restitue.

Il s'agit de discerner - c'est pour lui la décision philosophique majeure - si la « caverne » est fermée ou si elle possède une ouverture vers laquelle, par l'action, l'humanité peut se porter et y sentir - ou non - une présence ("aisthèsis parousias tinos", dit Grégoire de Nysse).


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Vendredi 4 décembre 2009



Jaurès : de la métaphysique à la lutte pour la justice


Manifestation organisée en partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public - salle polyvalente


14 h 45 :

accueil et allocution d'ouverture


15 h 15 :

Blanc (J.), professeur honoraire de lycée, éditeur, docteur en philosophie, « Jean Jaurès théologien laïque »


16 h 15 :

Gabaude (J.-M.), professeur émérite des Universités, « Divine idéalisation et fondement métaphysique de la justice chez Jean Jaurès »


pause


17 h 45 :

Seff (P.), professeur honoraire de lettres et de philosophie, « L'engagement politique du philosophe Jean Jaurès »


18 h 45 :

Gabaude (J.-M.), « Synthèse et perspectives : une espérance malgré tout ? »






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Vendredi 24 avril 2009



16 h 30 : Séance de communication


Communication de Madame Bernadette REY MIMOSO-RUIZ, Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines à l’Institut catholique de Toulouse.

Avec la toile blanche pour horizon infini.

Ballaciner (2007) ou l'extra-territorialité


Le pouvoir des images dans la construction de l'imaginaire leclézien n'est plus à démontrer (J.M.G. Le Clézio, « Fellini l'extra-terrestre » 1990). Le cinéma dont Ballaciner exprime à la fois la force et l'ouverture sur le monde, dévoile une réflexion de la maturité avec le regard porté sur le monde dans ce miroir « écranique ». La construction chronologique du texte retrace le cheminement intérieur de l'auteur et dessine en filigrane une autobiographie émotionnelle. Des émois d'enfance qui s'inscrivent dans une filiation proustienne (Combray, kinétoscope, lampascope) aux découvertes d'un cinéma oriental novateur et poétique, Le Clézio, à partir d'une citation de Parménide, analyse la magie des salles obscures (Edgar Morin, Le cinéma ou l'homme imaginaire), compose un univers paradoxal où l'enfermement dans un espace clos ouvre tous les horizons. L'évocation des grands cinéastes dépasse la cinéphilie ordinaire pour dresser le panorama d'une universalité par le biais de l'image qui conduit le spectateur à s'évader de la gangue du quotidien par le rêve (Gilles Deleuze, L'image-temps) le plus absolu afin de mieux comprendre le monde qui l'entoure.

La présente communication se donne pour objectif de mettre en relation le travail de mémoire du retour à l'enfance par la grâce d'un cinéma des origines (Michel Chion), d'examiner les correspondances établies entre les films évoqués et la démarche du romancier autour des cinéastes retenus pour enfin, tenter de définir en quoi la perception du film chez le Clézio rejoint celle de la littérature dans l'errance extra-territoriale.

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Mercredi 20 mai 2009



17 h 00 – Séance de communication


Communication de Monsieur Bernard HUBERT, Professeur à la Faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse

La théorie de la vertu : profils historiques et débat actuel


C’est un véritable défi aujourd’hui, pour une théorie morale, de penser ce que désigne la notion de vertu dont l’histoire coïncide avec celle de la civilisation occidentale, mais dont les arrière-plans et les conditions d’intelligibilité n’ont cessé d’évoluer, de se transformer, voire pour certains de s’estomper complètement, au point que la notion de vertu apparaît parfois comme un vestige dont on n’est plus capable de reconstituer le paysage dans lequel les vertus ont manifesté leur pertinence et ont fait l’objet de débat, notamment pour ceux qui avaient la charge d’enseigner, d’éduquer et de donner à l’homme la culture appropriée à sa nature d’animal politique.

Dans une première partie consacrée aux « profils historiques », nous nous efforcerons de retracer les grandes étapes grecque, médiévale et moderne qui ont contribué à donner à la notion de vertu ses divers sens pour lesquels on constate à chaque période des divergences ou pour le moins des contrastes entre d’une part une vertu conçue comme une perfection garante d’un agir droit relatif à une norme extrinsèque et d’autre part une vertu conçue comme une qualité d’ajustement des puissances affectives aux exigences de l’agir moral par lequel l’animal raisonnable s’ordonne à une fin, ce qui va de pair avec une conception du bien de l’homme.

Dans une seconde partie, relative au « débat actuel », nous examinerons comment Alasdair Macintyre, dans son ouvrage After Virtue, à partir de son analyse des trois étapes (1. l’affirmation de soi par l’exercice d’un rôle social ; 2. l’ajustement des vertus du citoyen à la cité ; 3. la vie humaine dans l’horizon du monde et dans la perspective d’une aventure orientée vers une fin ultime) qu’il dégage de son enquête historique de la notion de vertu, il est possible de repenser et de réintroduire la notion de vertu en mettant en évidence les traits caractéristiques (pratique, structure narrative, tradition morale) qui structurent la définition qu’il propose et qui redonnent à la notion de vertu son intelligibilité et sa pertinence pour aujourd’hui.

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Vendredi 5 juin 2009



16 h 30 – Séance de communication

Communication de Monsieur André BORD, Docteur ès Lettres et sciences humaines


Deux mystiques : Plotin et Pascal

Tous deux d'actualité. Les Ennéades il y a peu étaient au programme de l'agrégation de philosophie, et cette année Pascal l'est pour les candidats bacheliers littéraires. Plotin (205-270 ap. J.-C.) offre une synthèse remarquable de la philosophie grecque. Son texte magnifique représente le sommet de la rationalité. Le néoplatonisme eut une influence considérable sur les premiers penseurs chrétiens : les Pères de l'Église l'adoptèrent en grande partie. Aux XVIe et XVIIe siècles, les Ennéades revinrent à la mode, pascal les a lues. Mais il est difficile de parler de Pascal à des personnes cultivées car il faut d'abord débarrasser nos mémoires des clichés fallacieux qui l'ont défiguré. Et il n'est pas interdit d'accueillir les dernières découvertes le concernant, même si elles sont surprenantes.

Comme Plotin, Pascal parvient à une union intime avec Dieu. Ces deux expériences sont-elles similaires ? Le mysticisme chrétien est-il le même que le mysticisme païen ?




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Vendredi 16 janvier 2009

16 h 30 : Séance de communication


Communication de Monsieur Émeric Travers, docteur en science politique, professeur de philosophie au Lycée Jolimont (Toulouse), chargé de cours à la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Toulouse.


Critique de l'état de nature et perfectibilité chez Benjamin Constant


Étudier la critique, par Constant, de l’État de nature nous met en mesure de saisir à quel point certaines interrogations sur le politique lui sont apparues oiseuses et inutiles. L’État de nature est solidaire d’un questionnement relatif à l’origine de la société. Or, Constant affirmera à plusieurs reprises sa volonté de délester sa réflexion politique d’un tel foyer de controverses. Si pour lui  « l’origine de la société est une grande énigme sa marche est simple et uniforme. » Faire la théorie des faits politiques implique d’étudier la façon dont les hommes vivent et non les raisons pour lesquelles ils ont adopté tel ou tel mode d’existence. Fidèle en ceci à Montesquieu, Constant affirme que la nature d’un être coïncide avec les lois qui régissent ses modalités d’existence. En outre, cette critique de l’État de nature n’est que l’application d’une démarche visant à récuser la généalogie et le recours aux hypothèses. L’État de nature expose le théoricien aux déviances heuristiques. Écarter tous les faits pour s’en remettre à une simple inspection a priori de l’esprit permet certes la clarification intellectuelle. Cette clarification a cependant pour Constant le tort d’éliminer le réel dans l’esprit sans pour autant supprimer ce qu’il peut y avoir d’inintelligible dans l’objet que l’on étudie. Ce refus d’adopter une méthode génétique doit logiquement permettre l’économie d’un recours aux conjectures et hypothèses. Or, en présentant l’histoire comme rétablissement progressif de l’égalité, comme manifestation de la perfectibilité humaine, Constant ne se trouverait-il pas dans l’obligation de recourir aux mêmes généalogies et conjectures relatives aux commencements de l’histoire humaine ?


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Vendredi 27 février 2009


16 h 30 – Séance de communication


Communication de Monsieur Michel NODÉ-LANGLOIS, ancien élève de l’ENS-Ulm, agrégé de philosophie, professeur en khâgne au lycée Pierre-de-Fermat.


« La loi naturelle : une notion difficile »


La culture contemporaine présente le paradoxe que l’attention à la nature, voire le respect que l’on réclame à son égard, sont en passe de devenir une exigence éthique majeure, tandis que, d’un autre côté, la notion de loi naturelle semble être devenue obsolète dans le domaine des sciences explicatives, où l’on parle plus volontiers de lois physiques, et se trouve décriée dans le domaine éthique, où l’on y voit souvent un relent d’obscurantisme, et d’attachement passéiste à une tradition dont le principal représentant actuel serait l’Église catholique. C’est là pourtant oublier que la notion en question a son origine dans une pensée grecque largement antérieure au christianisme, et qu’elle était encore à l’époque des Lumières revendiquée comme un fondement philosophique indispensable de la morale et du droit. Son rejet actuel, et le vide dans lequel il laisse ces domaines, paraissent dus à un obscurcissement de la notion, et conduisent à se demander si l’on peut à nouveau éclairer son sens, ou s’il faut désormais se passer d’y recourir.




Vendredi 20 mars 2009


16 h 30 – Séance de communication


Communication de Monsieur Gwenolé LE MEST, docteur en philosophie de l'économie, professeur de philosophie au Lycée Marie Curie de Tarbes.


La question du sens de l'existence à partir d'une prédiction nietzschéenne


A l'aphorisme 357 du Gai savoir, Nietzsche écrit que la question du sens de l'existence « aura besoin de quelques siècles pour être entendue complètement et dans toute sa profondeur » - On analysera le contexte du surgissement de cette question: divinisation du devenir par les philosophies de l'histoire, pessimisme et solution ascétique de Schopenhauer. Selon Nietzsche, toutes les tentatives post-chrétiennes pour tenter de donner un sens à l'existence doivent échouer en raison du triomphe de l'athéisme scientifique et du déclin de la foi. La réponse à cette question impose une rupture que Nietzsche va opérer en surmontant le nihilisme, en annonçant la mort de Dieu, le surhomme et surtout l'éternel retour: ce mouvement cyclique qui ne manifeste aucune aspiration vers un but, qui rompt avec toute attente eschatologique et toutes les aspirations religieuses hostiles à la vie. La valeur de la prédiction nietzschéenne de l'aphorisme 357 a été confirmée par le développement et la complexification des multiples reprises de la question du sens de l'existence jusqu'à nos jours. On les évoquera brièvement en insistant sur la double nature philosophique et irréductiblement religieuse de la question du sens de l'existence.

 

Bibliographie succincte:

 Ernest Renan, Examen de conscience philosophique, Paris, Flammarion, 1973

Auguste Comte, Politique d'Auguste Comte, présentée par J. Grange, paris, Payot, 1996.

Auguste Comte, Discours sur l'ensemble du positivisme, Paris Flammarion, 1998

G.W.F Hegel, La Raison dans l'histoire, Paris, Plon, 1965

Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation, Paris, P.U.F, 1996

Arthur Schopenhauer, Sur la Religion, Paris Flammarion, 1996

Nietzsche, Unzeitgemässe Betrachtungen II, Paris, Aubier-Montaigne 1964

Nietzsche, Le gai savoir et Fragments posthumes, 1881-1882 Paris, Gallimard, 1977

Nietzsche, Fragments posthumes de 1884 à 1889, Paris, Gallimard, 1976, 1977, 1978, 1982

Léon Tolstoï, Confession, Paris, Pygmalion, 1998

Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964 et Francis Jeanson, Sartre, Desclée de Brower, 1966

Thomas Nagel, Qu'est-ce que tout cela veut dire?, Édition de l'éclat 1993

Jean Grondin, Du sens de la vie, Paris, Bellarmin, 1993

 

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Vendredi 10 octobre 2008

15 h 30 (bien retenir cet horaire, lié à la disponibilité du conférencier) – Séance de communication – Salle à déterminer

Communication de Madame Létitia MOUZE, agrégée et docteur en philosophie, maître de conférences à l'Université de Toulouse II – Le Mirail.

Le projet politique platonicien est-il utopique ?

On qualifie volontiers le projet politique platonicien d’utopie, en se référant à la République, dialogue dans lequel Platon met en place un régime politique fondé sur la remise du pouvoir au philosophe. Il s’agira dans le cadre de cet exposé de s’interroger sur la pertinence de cette appellation, qui est aussi un jugement de valeur – négatif. Pour ce faire, on définira rigoureusement le concept d’utopie, qu’il faut distinguer du sens ordinaire de ce même terme, en s’appuyant sur les textes dits utopiques, et en particulier le premier d’entre eux, celui de Thomas More. C’est à la lumière de cette définition que l’on examinera et évaluera le projet politique platonicien, tel qu’il est mis en place dans la République, mais aussi dans les Lois.

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Vendredi 21 novembre 2008

JOURNEE D'ETUDES SUR « BERGSON ET SON SILLAGE »

organisée en partenariat avec la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse

et avec l'Association des Professeurs de philosophie de l'Enseignement Public (Régionale de Toulouse).

Salle Léon XIII

14 h : accueil

14 h 30 :

Vieillard-Baron (J.-L.), Professeur à l'Université de Poitiers, « Bergson comme nœud de tendances très différentes, son influence sur Albert Thibaudet et Louis Lavelle »

15 h 15 :

Verdeau (P.), PRAG Ecole Interne de l'Université de Toulouse II – Le Mirail, « Edouard le Roy et Bergson »

Pause

16 h 30

François (A.), PRAG Université de Toulouse II – Le Mirail, « Le temps : synthèse active ou passive ? L’anti-bergsonisme bergsonien de Merleau-Ponty, et le bergsonisme anti-bergsonien de Deleuze »

16 h 45

Robilliard (S.), Professeur de classes préparatoires au lycée Saint-Sernin à Toulouse, chargé de cours à l'Institut Catholique de Toulouse, « Liberté et temporalité : Bergson et Jean Nabert »

17 h 30

Sauvagnargues (A.), Maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure LSH de Lyon, « Bergson contemporain : Deleuze et le cinéma »

18 h 15

Worms (F.), Professeur de philosophie à l’Université de Lille 3 et directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine à l’ENS (Paris), « Synthèse et perspectives »

N.B. : Le programme reste soumis à des modifications éventuelles.

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Vendredi 5 décembre 2008

16 h 30 – Séance de communication – Salle à déterminer

Communication de Madame Monique Lise COHEN, bibliothécaire, écrivain.

L'immortalité de l'âme et la résurrection des morts

Le thème de l’immortalité de l’âme est propre à la philosophie depuis Platon alors que la Bible hébraïque et le Nouveau Testament parlent de la résurrection des morts. Platon nous enseigne que « philosopher c’est apprendre à mourir », et la philosophie nous conduit à séparer l’âme (immortelle) du corps (périssable) en choisissant le lieu des idées intelligibles contre la matérialité du monde sensible. C’est l’acte de naissance de la philosophie au sortir de la mythologie. Le thème biblique de la résurrection des morts ne serait-il qu’un reste mythologique ? Ou bien nous inviterait-il à penser autre chose, à penser autrement que dans les termes du dualisme, à penser dans les termes d’une réalité qui se fait, comme une imprévisible nouveauté ?

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Samedi 5 avril 2008

16 h 30 – Séance de communication – Salle Fontan

Communication de Monsieur Jean MONCELON, Docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines

La philosophie de Jacob Boehme

Il sera question, dans un premier temps, de la considérer dans son développement sur les lieux mêmes où vécut Jacob Boehme, à Görlitz, aux frontières actuelles de l'Allemagne, de la Pologne et de la Tchéquie, puis, dans un second temps, de suivre son étonnant rayonnement depuis la Silésie, dans le temps, du XVIIe au XXe siècle, et dans l'espace, en direction de l'Ouest, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la France, de la Pologne actuelle et jusqu'en Russie. Il s'agira, enfin, de montrer comment quelques-unes des idées maîtresses de Jacob Boehme ont inspiré non seulement des théosophes, tel Louis-Claude de Saint-Martin, en France, ou Franz Baader en Allemagne, et des poètes (Angelus Silesius, Novalis), mais surtout des philosophes, de Hegel à Emile Boutroux et Nicolas Berdiaev.

 

    Biographie succincte :

    Emile Boutroux, Le philosophe allemand Jacob Boehme, Felix Alcan, 1888 

    Nicolas Berdiaev, préface au Mysterium Magnum, 1945

    Alexis Klimov, préface aux Confessions, Fayard, 1973

    Alexandre Koyré, La philosophie de Jacob Boehme, Vrin, 1977 

    Pierre Deghaye, La naissance de Dieu, Albin Michel, 1985

 

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Jeudi 15 mai 2008


18 h 00 – Séance de communication, organisée en partenariat avec la régionale de l'Association des Professeurs de philosophie de l'Enseignement Public – Salle Tolosa

Communication de Monsieur Evanghelos MOUTSOPOULOS, membre de l'Académie d'Athènes.

Les contraintes esthétiques de l'éthique

Conférence – hommage à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de Monsieur le Professeur Jean-Marc Gabaude.

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Samedi 7 juin 2008

16 h 30 – Séance de communication – Salle Decahors.

Communication de Monsieur Stéphane ROBILLIARD, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé et docteur en philosophie, professeur de classes préparatoires au lycée Saint-Sernin à Toulouse, chargé de cours à l'Institut Catholique de Toulouse.

Pouvoir et société : Louis de Bonald

Deux perspectives s’opposent traditionnellement lorsqu’il s’agit de penser l’adéquation entre la société et une forme de gouvernement : l’une, incarnée par Machiavel, Hobbes ou Carl Schmitt, se concentre sur les conditions de l’exercice et de la stabilisation du pouvoir ; l’autre, représentée par Rousseau, Hegel ou J. S. Mill, adopte le point de vue des individus, du « peuple » ou de la « société civile » pour penser son auto-structuration, autour d’un contrat social ou de rapports concrets comme les habitudes morales ou les échanges économiques. Louis de Bonald, enfant des Lumières et ardent défenseur de la Restauration, réactionnaire partisan du Progrès, « prophète du passé » et précurseur de la sociologie contemporaine, manifeste de manière particulièrement aiguë la dialectique de ces deux perspectives philosophiques.

En nous appuyant sur l’ouvrage de Robert Spaemann La naissance de la sociologie et l’esprit de la restauration (Hora Decima 2008), nous étudierons quelques-uns des paradoxes issus de cette dialectique, dans laquelle toujours les idées dépassent et débordent la position politique qu’elles avaient pour mission de défendre et d’illustrer.

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Samedi 12 janvier 2008

16 h 30 – Séance de communication - salle Fontan

Communication de Monsieur Riccardo DI GIUSEPPE, docteur en philosophie et en lettres classiques, professeur au Lycée classique de Todi (Italie)

Le passage de la Méditerranée :

Parménide et la métaphysique de l’Exode

Au Ve siècle, Parménide d’Élée propose une doctrine de la Vérité et de l’être qui fonde, tout simplement, la philosophie occidentale. Tout au long de deux millénaires et demi, ces questions ne cessent d’interpeller l’intelligence : elles convoquent à table – à la table des origines – des hôtes aussi reculés et réfractaires que l’abstraction logique et l’expérience mystique. D’autre part, les traditions hébraïque et chrétienne se fondent, elles aussi, en un lieu remarquable qui évoque, sans hésitations, la question de l’être : celui du buisson ardent, de la révélation du nom du Dieu vivant, à l’Horeb (Exode 3, 14). Il est étonnant de constater que ce lieu, et le parallélisme évident qu’il établit avec les origines de la philosophie occidentale passent, de nos jours, normalement sous silence. Parménide, Moïse, Jésus : sur les deux versants qui dressent l’identité occidentale les questions de l’être, du coeur et de la parole semblent aussi foncières pour la philosophie que pour la religion. En bonne méthode comparatiste, l’élargissement des données de la recherche apporterait-il des nouveaux aperçus à des questions traditionnellement philosophiques ?

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Samedi 9 février 2008

16 h 30 – Séance de communication, organisée en partenariat avec la régionale de l'Association des Professeurs de philosophie de l'Enseignement Public - Salle léon XIII

Communication de Monsieur Yvon BRES, professeur émérite des Universités, directeur de la Revue philosophique de la France et de l'Etranger

Psychanalyse, tragédie, religion

« Il peut être intéressant de faire entrer dans une même réflexion trois notions : la culpabilité pédagogique telle que la conçoit la psychanalyse, la « faute tragique » comme élément nécessaire de la tragédie, et le péché tel que le conçoit le judéo-christianisme, et cela amène à une époque où, plus d'un siècle après les premiers travaux de Freud, la recherche psychanalytique et parapsychanalytique, si riche soit-elle, se désintéresse un peu de ces questions.

La culpabilité est au centre de la conception freudienne de l'homme. Certes, la pratique psychanalytique a pour tâche d'en délivrer, mais elle est d'abord là : dans le conflit oedipien de l'enfance de l'individu, dans le remords consécutif au meurtre du père primitif, à la base du « malaise dans la culture ».

A cette tâche de réconciliation fait écho ce qu'Aristote considère comme étant la fonction de la tragédie, car si l' « effet tragique » met en jeu la terreur et la pitié, le but de la tragédie semble bien être – comme on le voit par exemple dans les Euménides d'Eschyle ou dans Oedipe à Colone de Sophocle – de dépasser la souffrance et la faute dans une conclusion d'essence religieuse au service de la cité.

Mais dès les débuts de la religion juive, et plus encore plus tard dans le christianisme, l'aveu-du-péché-en-vue-de-la-Rédemption joue un rôle semblable : le péché, et non point la faute en tant que telle, ni encore moins la culpabilité (le remords). La question est de savoir si notre époque, réfractaire à la fois à la métaphysique à laquelle s'est liée le christianisme et à la culture de la culpabilité qui a été la sienne, trouvera encore un intérêt à ce processus esthético-religieux appelant de manière un peu magique un avenir meilleur pour l'humanité » (Y. Brès)

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Samedi 15 mars 2008

16 h 30 – Séance de communication - salle Léon XIII

Communication de Monsieur Jean-Marc GABAUDE, professeur émérite des Universités

Philosophia perennis

Reprise d'une communication de 1960

Reprise repensée de sa communication du 23 avril 1960. La complémentarité des histoires de la philosophie renvoie à celle des métaphysiques au sein d'une philosophie quasi-pérenne.

Développement actuel. L'épistémologie de la philosophie aboutit à une oecuménicité philosophante, théorique, avec un philosopher possibiliste sans exclusivisme, pratique avec une convergence éthico-axiologique et juridico-politique en voie d'universalisation.

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Samedi 13 octobre 2007

16 h 30 – Séance de communication – Salle Fontan.

Communication de Madame Emmanuelle JOUËT-PASTRE, agrégée et docteur en lettres classiques, maître de conférences à l'Université de Toulouse II – Le Mirail.

Le savoir du philosophe chez Platon : une affaire de point de vue ?

Je souhaiterais interroger de plus près l'avantage que Platon attribue à la figure du philosophe dans les dialogues et à son prétendu savoir. Il s'agira d'interpréter cette supériorité de fait pour mettre à l'épreuve l'idée d'une « domination » exercée par le philosophe sur ses interlocuteurs. Cette interprétation permettra peut-être de comprendre pourquoi Platon a choisi de donner au personnage du philosophe des traits susceptibles de réduire le dialogue à un artifice d'exposition, et surtout d'accréditer l'opinion, dont lui-même se fait parfois l'écho, que derrière le masque du philosophe se cache un sophiste. De fait, c'est toujours, me semble-t-il, la question du savoir qui est sous-jacente. Le savoir du philosophe est aussi une affaire de point de vue.

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Samedi 24 novembre 2007

JOURNEE D'ETUDES SUR PIERRE DUHEM

organisée en partenariat avec la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse et avec l'Association des Professeurs de philosophie de l'Enseignement Public (Régionale de Toulouse).

Salle Léon XIII

Problèmes et enjeux des recherches de/sur Pierre Duhem

14 h 15 : Ouverture

14 h 30 : Bernard HUBERT, doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Toulouse

« La place de Simplicius dans l'histoire des sciences de Pierre Duhem »

15 h 00 : Jean-François STOFFEL, docteur en philosophie, docteur en histoire. Chargé de cours à l'Institut d'études théologiques (Bruxelles). Maître-assistant à la Haute école Blaise Pascal (Bastogne) et à la Haute école Charleroi-Europe.

« Regards inédits sur les premiers articles de philosophie scientifique publiés par Pierre Duhem dans la Revue des questions scientifiques (1892-1896) »

16h00 : pause

16h15 : Anastasios BRENNER, professeur à l'Université Paul Valéry – Montpellier III.

« Y a-t-il une vérité des hypothèses scientifiques pour Pierre Duhem ? »

17h15 : Pierre KERSZBERG, professeur à l'Université de Toulouse II - Le Mirail

« En amont de la théorie et de l’expérience »

A.N : Le programme indiqué peut être l'objet de modifications éventuelles.

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Samedi 8 décembre 2007

16 h 30 – Séance de communication – Salle Ducros.

Communication de Monsieur Ghislain VERGNES, statisticien-économiste.

Guy DEBORD : la philosophie subversive réalisée.

Pour les cinquante ans de l'Internationale Situationniste (1957), c'est l'occasion de célébrer Guy DEBORD (1931-1994), et, en même temps, les quarante ans (décembre 1967) de la publication de La société du spectacle, exposé de la théorie situationniste.

C'est une critique radicale et globale de la société contemporaine qui trouve son inspiration dans les mouvements littéraires et artistiques de la première moitié du XXème siècle (dadaïsme, surréalisme, lettrisme). Elle tire son argumentaire de la relecture de MARX, initiée par György LUKACS, dont les analyses sont réadaptées à la société actuelle.

Pour le style, Guy Debord s'était ciselé une langue classique rappelant Bossuet, Retz, Pascal, mais aussi, pour ce qui est de ses films, les grands réalisateurs des années 40-50. Il recourait en plus à la technique du détournement (citations détournées), à l'exemple de Lautréamont.

Animés par un enthousiasme proprement renversant, les situationnistes visaient, parmi leurs objectifs, à « la réalisation de la philosophie ». Ils créèrent des concepts nouveaux sur des mots anciens : situation, dérive, spectacle... Guy Debord, penseur et stratège de la subversion culturelle et sociale, cinéaste aussi, a condensé en un film étonnant, voici juste trente ans, sa vision du monde et sa vie. Il l'a titré d'un vieux palindrome du Moyen-Age, « In girum imus nocte et consumimur igni », et à la fin il nous demande de tout reprendre depuis le début.

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Samedi 21 avril 2007

16 h 30 – Séance de communication

Conférence de Monsieur Denis FAÏCK, docteur en philosophie, chercheur au CNRS (Paris IV-Sorbonne)

Agonie postmoderne du sujet. Le statut philosophique

du sujet dans la littérature française contemporaine.

La littérature française contemporaine (nous la considérons ici depuis à peu près la moitié des années quatre-vingt) tend à illustrer l’esprit, disons, postmoderne, de la fin du XXe siècle, qui a encore cours aujourd’hui : ébranlement de la connaissance, relativisme, déréliction de l’homme. Les sujets de la littérature, le sujet-lecteur, le sujet-personnage et le sujet-écrivain, incarnent cet esprit qui évolue sans repères précis dans un "environnement" qui échappe par essence à toute tentative de définition, d’orientation, à toute aspiration à un progrès possible. L’idéal du sujet cartésien et ainsi d’une connaissance et d’une maîtrise possible du monde est, si l’on ose dire, à l’envers, à l’antipode. On passe de « maître et possesseur » à possédé et « esclave ». Il s’agira de montrer, à travers l'œuvre de certains écrivains, ce sujet dans la tourmente.

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Samedi 12 mai 2007

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Eric BORIES, agrégé et docteur en philosophie, professeur au Lycée Bellevue (Toulouse).

Hegel et le droit

Lorsque Hegel déclare en 1820, dans ce qu’il faut bien considérer comme son œuvre de maturité sur la question, que « le système du droit est le règne de la liberté effectuée, » 1, il ne faut pas se méprendre sur ses intentions. Son but n’est tout d’abord pas de supprimer une conception du droit, explicitement présente chez Fichte par exemple, qui se définirait comme un droit de contraindre. Hegel ne se propose pas non plus, comme on a souvent cru le lire, de substituer un néo-institutionnalisme, aussi critique envers les partisans de l’École historique du droit qui se satisfaisaient de reconnaître l’origine du droit au cœur des coutumes, qu’envers le droit moral qui préférait enfermer cette origine dans l’intimité de la conviction du sujet moral. Enfin l’institutionnalisme hégélien qui professe certes que l’institution s’affirme comme « la puissance du rationnel dans la nécessité »2 ne saurait non plus, à nos yeux, anticiper la thèse wébérienne qui consiste à reconnaître l’État moderne comme « le monopole de la violence physique légitime. »3

Nous voudrions montrer que ces aspects du droit ne sont pas supprimés chez Hegel, mais enveloppés selon une conception du droit que Jean-François Kervégan a qualifié d’ « institutionnalisme faible ». Cet enveloppement est d’ailleurs visible dans le développement qu’en propose Hegel dans les Principes de la philosophie du droit. La concrétion de l’idée de la liberté se génère en effet successivement selon le moment du droit strict, puis du droit moral, puis de l’éthicité (qui englobe une histoire du monde). Il nous semble que cette conception originale du droit nous invite à nous interroger en au moins quatre directions :

En quoi les figures du droit différentes de celles de l’éthicité sont-elles considérées comme « abstraites » par Hegel ?

De quelle façon précise le droit hégélien peut-il à la fois critiquer et assumer la moralité ? Par voie de conséquence, si la norme du droit hégélien ne réside ni dans les institutions historiques, ni dans la représentation subjective du Bien, comment le hégélianisme résout-il le problème de la normativité du droit ?

Comment penser le droit dans le sens d’une « moralité objective » ? Ce qui pose le problème de l’articulation de la philosophie du droit à la philosophie de l’Esprit.

Comment enfin l’institutionnalisme hégélien articule-t-il les droits du sujet individuel à ceux de la société éthique ou politique ?

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Samedi 2 juin 2007

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Daniel VIGNE, agrégé et docteur en philosophie, docteur en théologie, professeur de théologie à l’Institut Catholique de Toulouse et professeur en classes préparatoires au lycée Saliège.

Lanza del Vasto et Hegel

Lanza del Vasto (1901-1981), né en Italie d’une famille aristocratique, docteur en philosophie de l’Université de Pise, fait en 1937 le voyage en Inde qu’il raconte dans le Pèlerinage aux sources. La rencontre de Gandhi le bouleverse ; il décide de vouer sa vie à la non-violence. Il fonde en France la communauté de l’Arche, sillonne le monde, s’engage dans des combats qui le rendent célèbre contre la torture pendant la Guerre d’Algérie, contre la course à l’arme nucléaire, etc. Mais cet infatigable pèlerin n’est pas seulement le "Serviteur de paix" dont l'histoire garde la haute image patriarcale. Il est aussi un écrivain de génie, un penseur puissant et un poète plein de talent. Derrière l’homme d'action se tient le philosophe spéculatif, auteur d'une métaphysique de la Relation ; le chrétien ouvert, précurseur du dialogue interreligieux ; le pionnier visionnaire d’un retour aux valeurs essentielles.

L’aspect philosophique de son œuvre, encore méconnu, mérite une attention toute particulière. Il est centré sur une intuition que Lanza del Vasto lui-même résume ainsi : "Si tout est relatif, l’absolu par soi-même se pose : c’est la relation." Une telle pensée n’est pas sans rappeler la vision dialectique de Hegel, mais elle en diffère sur des points importants. L’examen précis de ces différences nous permettra de mieux cerner l’originalité de la métaphysique de Lanza del Vasto : celle d’une ontologie relationnelle se déployant en "dialectique de la conciliation". Nous évoquerons le lien entre cette philosophie et celle de Nicolas de Cuse, à travers l’idée de coincidentia oppositorum ad infinitum et le rôle-clé de l’Infini. Enfin, nous soulignerons l’ampleur d’une œuvre systématique qui frappe par sa cohérence et qui fait honneur à la philosophie française du XXe siècle.

Samedi 13 janvier 2006

16 h 30 – Séance de communication, organisée en partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public.

Conférence de Madame Eliane ESCOUBAS, Professeur émérite de philosophie à l'Université de Paris XII-Val de Marne.

Esquisse d'une phénoménologie de l'art : Henri Maldiney

Philosophe phénoménologue, Henri Maldiney, né en 1912, travaille encore assidûment. Ami du peintre Tal Coat, des poètes André du Bouchet et Francis Ponge, du psychiatre Binswanger, le thème central de sa recherche peut être désigné comme celui du "phénomène de l'existence", dont il décrit superbement l'originarité au plan de l'art, comme au plan de la pathologie. On se limitera, dans cette conférence, au plan de l'art pictural dont on essayera de déployer la richesse descriptive et conceptuelle dans les travaux de Maldiney. On privilégiera les ouvrages suivants : Regard, parole, espace (L'Age d'homme, 1973), Art et existence (Klincksieck, 1985), L'art, l'éclair de l'être (Ed. Compact, 1993), Ouvrir le rien, l'art nu (Ed. Encre marine, 2000).

Samedi 3 février 2007

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Madame Mireille ARMISEN-MARCHETTI : professeur de langue et littérature latines à l'Université de Toulouse-Le Mirail. Spécialiste d'histoire des idées philosophiques et scientifiques à Rome.

A quoi servait un traité de Sénèque ?

Sénèque (4 av. J.-C - 65 ap. J.-C.), avocat, homme politique et ministre de Néron, a été longtemps un écrivain admiré autant qu¹un philosophe décrié. Il aurait composé des ouvrages désordonnés, superficiels, où le souci stylistique masquerait mal les faiblesses de la pensée. Ce jugement, qui apparaît dès l'Antiquité, repose sur un malentendu et sur une méconnaissance de la nature et du rôle de la philosophie à l¹époque hellénistique et romaine. Les recherches de ces dernières décennies ont montré que Sénèque était un stoïcien bien informé, précis, voire novateur, mais aussi qu'à ses yeux le système ne se réduisait pas à une pure construction dialectique. La philosophie est assurément un savoir, mais par-delà ce savoir elle est aussi une intériorisation, un lent travail sur soi destiné à produire une métamorphose de la conscience et du rapport au monde, et cela par le biais de toute une panoplie d' « exercices spirituels », pour reprendre la formule de Pierre Hadot, dont on trouve trace aussi bien chez Sénèque que chez Epictète et Marc Aurèle. C'est ce que l'on fera voir à partir de textes précis, qui montreront aussi comment la recherche formelle, loin d'être virtuosité littéraire, est partie intégrante de ce projet d'appropriation.

Ouvrages :

Sapientiae facies. Etude sur les images de Sénèque, Paris, Belles-Lettres, 1989

Macrobe. Commentaire au songe de Scipion. Livre I . Texte critique, traduction et commentaire, C.U.F., Paris, Les Belles Lettres, 2001

Macrobe. Commentaire au songe de Scipion. Livre II . Texte critique, traduction et commentaire, C.U.F., Paris, Les Belles Lettres, 2003

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Samedi 17 mars 2007

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Vincent KLEIN, professeur agrégé de philosophie, doctorant.

L'autonomie du vivant chez Francisco Varela

A l'heure où prime la métaphore du programme pour expliquer la vie (programme génétique) et la connaissance (programme informatique), Varela (chercheur chilien en biologie théorique et en sciences cognitives) s'est efforcé, depuis les années 1980, de repenser à nouveaux frais les relations entre l'organisme et son milieu. Cet effort a donné lieu à deux idées tout à fait nouvelles : 1) l'organisme et le milieu ne sont pas séparés mais en interaction continue ; 2) l'organisme est autonome, dans la mesure où il ne reçoit pas d'instruction mais donne sens à son milieu en se donnant un monde propre.

Nous exposerons le contenu de ces deux idées, en insistant sur leur nouveauté, et nous terminerons par une interrogation critique qui visera principalement la notion d'autonomie. Que peut bien signifier, dans le cadre de nos relations à l'autre, cette façon de mettre l'accent sur la cohérence interne ?

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Samedi 14 octobre 2006

16 h 30 – Séance de communication.

Table ronde autour du Congrès de Budapest.

Avec la participation de Monsieur le Professeur Jean-Marc GABAUDE, Monsieur Joël GUYADER, Madame Danièle PEYTAVI.

Le même et l'autre

Identité et différence

A l’aube du XXIe siècle resurgit paradoxalement une problématique apparue à la naissance de la philosophie. L’interrogation philosophique sur le même et l’autre renvoie en effet à une question fondamentale de l’ontologie classique, mais en même temps à une interrogation devenue pressante aujourd’hui sur l’identité et la différence, sur le sujet et son rapport à l’autre, à tous les autres dans la figure d’une humanité commune à tous les hommes. Platon se demandait déjà : « Comment si le tout existe, chaque chose peut-elle exister séparément ? »

La vie psychologique, sociale, politique est traversée par une tension entre être soi avec l’autre et être soi contre l’autre, jusqu’à l’ultime négation de l’autre par le meurtre qui marque les commencements de l’humanité et qui, sous les formes les plus diverses, n’a jamais disparu de l’histoire.

L’exigence de la raison est de dépasser cette opposition par l’universalité conquise des droits et des devoirs, mais elle se heurte à une réalité rebelle : l’histoire, la géographie, les conditions concrètes de l’existence semblent imposer, pour qu’un vivre ensemble soit concevable, que soient prises en compte les différences, les identités particulières soucieuses d’être reconnues comme telles au sein des groupements humains, de quelque nature qu’ils soient, menaçant par leurs revendications mêmes le principe de l’égalité propre à la démocratie. Dès lors des voies nouvelles de liberté peuvent être envisagées pour un humanisme ouvert sur l’avenir de l’humanité.

Mais la problématique du même et de l’autre appelle aussi une réflexion sur l’autre de l’homme, qu’il s’agisse de l’univers qui se donne à connaître à la science (connaître c’est identifier, disait Meyerson), à dominer par les techniques, à reconnaître comme nature souveraine, ou comme le Tout Autre dans certaines religions.

Dès lors, c’est la philosophie même, dans toutes ses ressources, qui est interpellée par le thème de ce XXXIe Congrès.

Tous les deux ans, l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (A.S.P.L.F.) organise un Congrès international permettant la rencontre, l’échange et la mise en commun des pensées sur un thème proposé à des philosophes de langue française. Le précédent Congrès s’est déroulé à Nantes, en 2004, sur le thème : « L’HOMME ET LA REFLEXION ». Le Congrès de Budapest a été co-organisé par la Société Hongroise de Philosophie de Langue Française et l’Institut de Philosophie de la Faculté des Lettres de l’Université ELTE de Budapest (Hongrie), avec le soutien de l’Université de Bologne (Italie).

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Samedi 18 novembre 2006

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Stéphane ROBILLIARD, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé et docteur en philosophie, professeur de classes préparatoires au lycée Saint-Sernin à Toulouse, chargé de cours à l'Institut Catholique de Toulouse.

Approches de la personne

De la simple désignation grammaticale à l’assignation morale ou au postulat d’une entité métaphysique, la personne fait partie de ces notions dont l’apparente simplicité recouvre une multiplicité de significations enchevêtrées. La « personne » est-elle un substantif désignant une réalité objective, un étant dans le monde, ou un titre impliquant une dignité ? La délimitation de la différence entre « quelque chose » et « quelqu'un » relève-t-elle de la décision individuelle, de la compétence d’un scientifique spécialisé, ou d’une conviction morale ou religieuse ?

Ces questions ont des conséquences pratiques lourdes et renvoient à des situations dont le caractère pathétique semble devoir réduire le philosophe au silence mais rend d’autant plus nécessaire une véritable réflexion « fondamentale », c'est-à-dire métaphysique. Plutôt que de développer une « théorie de la personne » déterminée, nous tenterons de dégager et de mettre en rapport quelques-unes des grandes lignes d’approche de cette notion.

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Vendredi 1er décembre 2006

Colloque organisé en partenariat avec la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse

Philosophie et politique

Genèse, élaboration et devenir de la communauté politique

14 h 30 – 19 h 00 :

Anne BAUDART, professeur de Première Supérieure au Lycée Molière (Paris), maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

« Athènes, Rome : naissances de la philosophie politique »

Géraldine LEPAN, ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure, PRAG, docteur en philosophie, Université de Toulouse-Le Mirail.

« De l'artifice du contrat à l'amitié civique : Rawls via Rousseau »

Emeric TRAVERS, professeur de philosophie à Toulouse, docteur en philosophie.

« Politique et subjectivité chez Charles Taylor »

Martin BAYAMBA, doctorant, assistant à la Faculté de philosophie de l'Institut Catholique de Toulouse.

« Autour de la mondialisation comme fait politique : le sens de l'humain chez Hannah Arendt et le monde global »

20 h 30 :

Bernard BOURGEOIS, membre de l'Institut, professeur émérite (Université de Paris I), président de la Société Française de Philosophie.

« La fin du politique ? »

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Samedi 8 avril 2006

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Patrick DUPOUEY, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, professeur de chaire supérieure aux lycées Saint-Sernin et Pierre de Fermat.

Evolution darwinienne et « dessein intelligent ».

Aux États-Unis et dans plusieurs pays anglo-saxons, le créationnisme connaît un renouveau. S'éloignant d'une lecture littérale des textes religieux, il s'exprime dans la thèse du «dessein intelligent » (intelligent design) : il y a bien évolution des espèces au cours du temps, mais celle-ci est dirigée selon un plan divin, seul capable de rendre compte de la complexité et de la perfection des organismes. Le philosophe connaît bien l'argument : des stoïciens à Teilhard de Chardin en passant par les différentes formes de la religion naturelle, il fonde la «preuve téléologique» de l'existence de Dieu, sans doute la plus populaire et pour laquelle Kant lui-même, qui en a critiqué le principe, déclarait éprouver un respect particulier. Une situation nouvelle est toutefois créée par la prétention agressive de certains groupes religieux à imposer la thèse du «dessein intelligent » dans l'enseignement, à égalité de traitement avec la théorie darwinienne de l'évolution. Une option religieuse et métaphysique serait ainsi présentée aux élèves et aux étudiants comme une alternative à des théories scientifiques. Cette prétention place le philosophe devant un double questionnement : épistémologique (qu'est-ce qu'une théorie scientifique ?) et politique (comment réagir à une telle contestation des principes de la laïcité ?). Il est d'autant plus urgent d'y réfléchir que rien n'indique que la France et l'Europe soient immunisées contre ces formes nouvelles d'un prétendu «créationnisme scientifique».

Samedi 20 mai 2006

16 h 30 – Séance de communication (organisée en partenariat avec l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public).

Conférence de Monsieur Franck FISCHBACH, professeur de philosophie à l'Université de Toulouse-Le Mirail, directeur du Master de philosophie.

Activité, Passivité, Aliénation.

Une relecture des Manuscrits parisiens de Marx.

Si Marx n'est pas l'inventeur du concept d'aliénation (Entfremdung ou Entäusserung, Marx usant indifféremment des deux termes et les donnant même parfois pour synonymes dans une même phrase), il reste qu'il est celui qui, en introduisant ce concept dans le champ de la philosophie sociale, en a étendu l'usage au-delà de l'étude de la conscience religieuse et de la philosophie de la religion, c'est-à-dire au-delà de la sphère pour laquelle il a d'abord été forgé par Feuerbach (lui-même en ayant hérité de Hegel, chez qui il jouait un rôle central au coeur de la théorie de la conscience et de l'esprit). Nous proposerons ici une relecture du texte qui procède à cette extension remarquable de l'usage du concept d'aliénation au-delà de son champ d'origine, à savoir les Manuscrits de 1844 : cette relecture n'a pas la prétention de proposer une interprétation nouvelle, elle veut d'abord introduire au texte de Marx en proposant une tentative d'explication et en restituant les principales lignes argumentatives de quelques passages majeurs consacrés au concept d'aliénation (Nous nous fonderons sur le texte des Manuscrits de 1844 dans la traduction d'Emile Bottigelli, Paris, Editions sociales, 1962. Nous modifierons cette traduction toutes les fois que nous le jugerons nécessaire en nous fondant sur le texte des Marx-Engels, Werke, (Ost-)Berlin, Dietz Verlag, Band 40,1985).

Samedi 10 juin 2006

16 h 30 – Séance de communication.

Conférence de Monsieur Edouard SANS, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé d'allemand, docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines, inspecteur d'Académie honoraire.

Présence de Schopenhauer

« Après avoir situé ce philosophe dans l'esprit de son époque et avoir rappelé les lignes de force de sa pensée, je voudrais insister particulièrement sur son influence – essentiellement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et rappeler l'actualité de sa pensée » (E. Sans).

« Schopenhauer dérange. Entré par effraction dans les palais nationaux de la philosophie à une époque où triomphait l'hégélianisme et sa croyance en la dialectique du progrès de l'esprit, ce penseur solitaire et non conformiste a fait toujours plus ou moins figure à la fois de marginal et d'iconoclaste. Solitude d'ailleurs en grande partie volontaire, car Schopenhauer a constamment manifesté une méfiance profonde, sinon une hostilité déclarée, à l'égard de «la philosophie de professeurs des professeurs de philosophie» ; mais c'est parce que, précisément, il attache une importance primordiale à la philosophie, la vraie (« le poète, dit-il, est comparable à celui qui donne les fleurs, alors que le philosophe en donne la quintessence »), une pensée de l'essentiel, qui prend en compte lucidement les problèmes fondamentaux de l'existence. » E. Sans, Schopenhauer, coll. « Que sais-je ? », P.U.F., 1993.

Samedi 13 mai 2006

Hommage à Derrida : penseur sans frontière

14 h -19 h. Médiathèque de Toulouse (grand auditorium)

Manifestation organisée en partenariat avec le GREP et l'Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public.

Jacques Derrida est sans conteste l’un des penseurs majeurs de notre temps : « voix singulière qui a toujours cherché à inventer un autre dispositif de pensée », « l’affrontement concerté de sa pensée aux risques de l’instabilité », « une réflexion indissociablement philosophique, éthique et politique » ; tels sont les termes employés à son sujet (Revue Europe – mai 2004). La séance a pour but de rendre ses affirmations, ses concepts, sa démarche plus accessibles à tous, de jouer le jeu du bouleversement de pensée auquel il nous invite.

De 14 à 19 heures : brefs exposés, débats, lecture d’extraits, films ou supports audiovisuels. Cinq moments seront envisagés : Derrida dans la pensée contemporaine, approches de la déconstruction, autour de l'altérité, spectres de Marx, présence et avenir de Derrida.

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Janvier-mars 2006

°Samedi 14 janvier 2006, 16h30 : M. Claude BOUDET, « La réalité du pouvoir »

°Samedi 11 février 2006, 16h30 : M. Bernard HUBERT, « La science et Dieu »

Les rapports entre la science et Dieu ne se posent pas de la même manière pour les philosophes grecs, pour les philosophes de l'âge classique et, plus proches de nous, pour la philosophie positive d'Auguste Comte ou le positivisme logique du Cercle de Vienne.

En outre, si l'on s'intéresse à la science moderne elle-même, celle-ci a connu plusieurs paradigmes depuis Galilée, Newton et Einstein. Quant à la réflexion humaine sur Dieu, elle se diversifie également selon les points de vue du philosophe, du théologien et du mystique épris d'absolu.

Mettre en regard l'univers de la science et le mystère de Dieu suppose donc quelques précautions méthodologiques et épistémologiques, ce qui est une préoccupation habituelle du philosophe. A partir des ouvrages de Jean Guitton, Dieu et la science, et de Claude Allègre, Dieu face à la science, nous prendrons la mesure des conditions, des limites et des enjeux du débat passionnant où s'interpellent tous les chercheurs de la vérité.

° Samedi 18 mars 2006, 16h30 : M. Ghislain VERGNES, « Bernhard Bolzano corrige Kant »

Bernhard Bolzano (1781-1848), Prague, Empire d'Autriche.

Prêtre, professeur de « sciences théologiques », mathématicien, logicien, métaphysicien, il est ignoré de ses contemporains, mais son oeuvre est connue et admirée par Husserl (vers 1900), Cavaillès (vers 1940), Jean Sebestik (à partir de 1960), Jacques Laz (1990)...

En 1810, il réfute l'Esthétique transcendantale en critiquant le recours à l'intuition dans les jugements synthétiques a priori. Il fait de même pour l'objectivité des jugements de la physique, et pour la théorie de la construction des concepts mathématiques.

A la recherche des fondements des mathématiques, il élabore une logique sémantique et il ouvre une approche objective de l'ontologie. B. Bolzano lève l'interdiction de Kant à l'égard de la métaphysique. Son oeuvre est connue et commentée par la philosophie analytique contemporaine.

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Octobre-décembre 2005

En partenariat avec l’Association des Professeurs de Philosophie de l’Enseignement Public et la Faculté de Philosophie de l’Institut catholique de Toulouse, un Colloque sur « Philosophie et Éducation » a été organisé le vendredi 18 novembre 2005. Communications de Michel Nodé-Langlois, Alain Complido, André Blandin et Evanghelos Moutsopoulos.

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